vendredi 7 novembre 2014

AyeLive...Nouveau blog


Je pense comme plusieurs personnes que cela doit être sympa de pouvoir faire ce qu’on aime et d’en vivre. Je vois autour de moi des gens qui ont l’air heureux, qui ont l’air de s’amuser plus que de travailler et j’avoue que j’en suis jalouse. Cyriac Gbogou, ce tonton initiateur du free jumping, sautons partout est l’une de mes références. Il travaille, et il fait d’ailleurs de l’excellent boulot (ce n’est pas un athlète hein) mais il prend surtout du bon temps en gagnant de l’argent et en aidant son prochain. Ensuite j’ai découvert le blog d’Israel Yoroba. De nom je le connaissais déjà mais je suis tombée sous le charme de sa plume à chacun de ses articles. Il y en a encore d’autres mais ce sont surtout ces deux-là qui m’ont le plus marqué.

La majeure partie des personnes à succès recommandent de pratiquer un métier dans le domaine qui nous passionne. Pour certains dans la phrase « vivre grâce à ce que l’on aime », c’est le moyen de gagner de l’argent qui est difficile. Pour moi, il faut déjà que je trouve ce que j’aime. Depuis que ma grande sœur a offert le livre Les erreurs de maman de Jossellin Kalla a notre génitrice et que cette dernière nous en a fait un résumé, je me suis connue une passion pour la lecture. J’aime donc lire depuis ma tendre enfance. J’avoue toutefois que la fréquence de mes flirts littéraires a considérablement baissé au fil des années. Ensuite, si l’expression écrite était l’un de mes devoirs préférés a l’école primaire, c’est surtout en 3e que je me suis découverte un amour pour l’écriture. Malgré tout cela, je ne suis pas prête à me lancer dans une carrière d’écrivaine ou de journaliste. Quelles en sont les raisons ? Je pourrais émettre quelques hypothèses à ce sujet.

-          L’appréhension de la réaction d’un père qui a toujours rêvé d’une carrière scientifique pour sa fille (Mais bon je n’ai jamais abordé le sujet)

-          La peur de la page blanche

-          L’appréhension de la critique.

Enfin, je crains aussi de ne plus finalement aimer l’écriture après quelques mauvaises expériences. Mais en ce mercredi 5 novembre, je prends une décision. Celle de faire quelque chose de nouveau en permanence. Qu’il s’agisse de rencontrer de nouvelles personnes, de nouveaux endroits ou tout simplement d’expérimenter de nouvelles activités. Et j’espère vraiment me tenir à cette promesse et découvrir enfin ma passion avant d’envisager d’en faire profit. C’est ainsi que mon premier article sur AyeLive a été rédigé. 

lundi 6 octobre 2014

LA VRAIE QUESTION




"Il était la personne que j’admirais le plus au monde, il était mon père. Il me ramenait toujours des friandises en revenant du travail et me mettait sur ses pieds pour me raconter de belles histoires. Il disait que j’étais sa princesse et pour moi il était le plus grand roi qui est jamais existé. Il disait qu’il me protègerait envers et contre tous et moi j’y croyais. Puis un jour, un évènement, peu importe ce qui arriva, changea le cours des choses. Cet homme que j’appelais « père » était devenu mon bourreau et sous chacun de ses coups je me demandais qui me protégerait de lui." Je suis Arielle et je suis Battue par mon père.


"Il avait cet air énigmatique qui dès nos premiers rendez-vous a su m’attirer et me retenir à ses côtés. Il n’était pas particulièrement beau, non il n’avait rien de Brad Pitt ou de Will Smith mais il était mon Apollon à moi et c’est tout ce qui comptait. Il avait le don de me faire rire quand bien même la situation n’avait rien de drôle. Il savait m’écouter quand j’en avais besoin et chaque mot qu’il prononçait me rassurait. Quand est ce que tout cela a changé ? Je ne sais pas, toujours est-il que les choses n’étaient plus comme avant. Il ne m’écoutait plus, et ne me faisait plus rire. Il ordonnait et me faisait pleurer. Tout parti d’une gifle insignifiante puis, de coups de ceinture en coups de poings j’eus ma carte d’abonnement à la PISAM. Un verre brisé, une réprimande de son patron au boulot, la viande trop cuite, et mon corps subissait ses assauts de colère. Je ne comptais plus les marques sur mon beau corps d’antan qui s’était transformé en treillis. Plus d’une fois j’ai voulu partir mais il me promettait de changer. J’espérais qu’il redevienne l’homme aimant qui a su conquérir mon cœur alors je restais et je priais. Cet homme à qui j’avais dit « oui » était devenu ma source de souffrance et après chaque larme versée, je cherchais celui qui me ferait à nouveau sourire." Je suis Nadia et je suis battue par mon époux.

« Dénonce-le » C’est le conseil que certains me donnait. « Pourquoi est-ce que tu ne pars pas ? » C’est la question que tout le monde me posait. J’aurais bien aimé partir mais où me serais-je retrouvée ensuite ? Je ne suis pas la seule dans mon cas et beaucoup d’autres comme moi ne savent où donner de la tête lorsque le cœur lui agit comme bon lui semble. Nous aimons nos bourreaux et c’est bien là le seul péché que nous ayons commis. Telle une malédiction cet amour nous consume, nous détruit faisant de nous des victimes que le monde extérieur prend en pitié. Pourtant les choses n’avaient pas toujours été ainsi mais il fallait un déclencheur afin que nous découvrions l’envers du décor. De l’extérieur vous êtes tentés de nous juger. Pour certains nous sommes stupides, pour d’autres aveuglées par l’amour. C’est peut-être vrai ce que peuvent penser les uns et les autres mais jamais vous ne comprendrez sans avoir vécu dans ces prisons dorées. Chaque femme battue à son histoire. Chaque femme reste pour une raison précise. Lorsque ce n’est pas la crainte de voir une autre femme maltraiter le fruit de ses entrailles, c’est tout simplement la peur de quitter le mauvais pour s’aventurer dans des endroits encore plus sombres. Qui te dit que tu ne vivras pas pire que ce que tu traverses ? Qui te dit que tu trouveras un homme qui saura t’apprécier a ta juste valeur ? Nous restons pour des raisons diverses, mais quoi qu’il en soit la question n’est pas pourquoi est-ce que nous demeurons dans ce calvaire.

La vraie question est qu’est-ce qui pousse un homme, un père, un époux, un frère, un petit ami, à lever la main sur une FEMME. Pourquoi donc s’évertue-t-on à détruire la vie, le corps, l’âme de celle-là même qui exerce le plus beau métier du monde ? Plutôt que de nous juger il serait peut-être temps de sensibiliser ceux qui nous martyrisent. Peu importe la cause, que ce soit la perte d’une épouse, d’un emploi, la pauvreté, l’alcool, rien ne devrait justifier que l’on s’acharne ainsi sur ce que Dieu a créé de plus sensible. Ils pourraient inventer tout ce qu’ils veulent pour justifier leurs actes, ils demeurent coupables. Coupables de coups et blessures aussi bien physiques que moraux. Je m’appelle Chantal et je pense qu’il serait temps qu’à chaque bourreau l’on demande des comptes.


En ce 25 Novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, il est temps que chaque femme sache ce qu’elle mérite, qui elle est vraiment. 


Merci à Grace pour le lien de cette vidéo.


jeudi 25 septembre 2014

LES MATHS DE MONSIEUR KOFFI : MERCI PROF

Son visage s’impose immédiatement à mon esprit lorsque j’entends le mot meilleur suivi de professeur. Je suis certaine que la majorité de ceux qui ont eu la chance d’être ses élèves pense comme moi.  Élève débrouillarde en mathématiques, l’homme m’a fait aimer cette matière (du moins pendant une année). Je profite du contexte du concours « Merci Prof » organisé par MTN Côte d’Ivoire fondation pour parler de cet enseignant fabuleux.

Mon arrivée au Lycée Classique d’Abidjan a changé ma vision des maths. Désormais je voyais à la place des chiffres et des figures géométriques des éléments de tortures ayant pour seul but de me faire échouer. Enfin, sans vouloir attiger, je n’appréciais plus beaucoup les mathématiques au lycée. J’ai pourtant réussi à décrocher le bac avec un 19 en maths (ah laissez-moi le dire) dont tout le mérite revient indubitablement à monsieur Koffi Mathurin.



Je le revois encore dans notre salle de classe de terminale TD21. Une tablette numérique à la main (c’est un prof 2.0) et le sourire aux lèvres, il nous racontait les exploits de ses anciens élèves et nous incitait à faire encore mieux. Il ne félicitait jamais personne pour rabaisser les autres mais toujours pour éveiller ce désir de se surpasser. Avec lui les mathématiques devenaient une vraie partie de plaisir. Cela se voyait qu’il aimait son travail et ses élèves.

Toujours gai, il avait cette phrase aux lèvres « Ne marchez jamais seul hein ! ». Il nous recommandait en plus de bosser dur, d’avoir Dieu comme compagnon quotidien. J’ignore si mes mots pourront exprimer toute la gratitude que j’ai envers celui qui m’appelait « la dernière flèche ». Monsieur Mathurin comme tout être humain avait sans doute ses propres soucis, mais il les laissait à l’entrée du lycée. Toujours disponible pour ses élèves, personne n’est peu intelligent à ses yeux. Il m’a appris que nous pouvons tout accomplir avec le soutien de Dieu et des efforts de notre part.

À peine si nous ne nous bagarrions pas pour transporter la lourde sacoche qu’il portait de tout temps sur son épaule. Pour nous, chaque instant passé avec lui valait de l’or. Il est sans doute le seul professeur que nous aurions bien aimé ramener à la maison après une dure journée passée a l’école. Et non je n’exagère en rien mes propos. Si vous vous rendez sur son compte Facebook, vous pourrez voir les témoignages d’affection de certains élèves. Monsieur Koffi Maths n’est pas juste un professeur, il a été et est toujours un mentor, un père pour chaque élève qui a le privilège de le rencontrer. Et quand bien même vous ne seriez pas de sa classe, c’est avec le sourire qu’il vous prêtera une oreille attentive.


mercredi 17 septembre 2014

CES PRENOMS QUI DERANGENT...


Petite j’étais le souffre-douleur de mon grand frère Nonyaha (laissez-moi au moins un) mais on le lui pardonne. L’une de ses blagues favorites pour me mettre dans l’embarras est la suivante “Quand on devait lui choisir un prénom, il y a une mouche qui est passée devant maman et celle-ci s’est écriée oh mais putain ! L’officier chargé d’établir l’acte de naissance a alors écrit Pitin sur son extrait.” Si j’explosais en larmes face à ce genre de jeux de mots et de blagues toutes pourries (j’étais une petite fille), aujourd’hui j’aime bien TOUS mes prénoms. Silué Tchonté Pitin Mireille, c’est ainsi que mes parents ont choisi de m’appeler. Pitin la mère de Papa était également la fille de Tchonté – le grand père de papa – aussi, j’ai finalement compris que ces deux prénoms me permettaient de jouir de certains privilèges. Mais bon cet article n’a pas pour but de parler de moi mais plutôt de ces prénoms africains qui dérangent.

Le peuple Sénoufo dont je suis issue n’est pas réputé pour son poro et son folklore uniquement mais aussi pour ses prénoms atypiques. S’il existe des prénoms propres à chaque tribu africaine, ceux des Sénoufo sont surtout connus pour leur longueur et prononciation difficile. Ainsi Gninhinninchionni (Dieu est avec nous) l’une de mes amies a préféré mettre G. sur son compte Facebook pour ne pas avoir à l’écrire en entier et à le prononcer pour certaines personnes. J’avoue moi-même avoir eu beaucoup de mal à appeler Pénégnanon (c’est parce que vous avez vu que je suis seul) un autre de mes grands frères quand j’étais plus jeune. Seulement peu de gens s’intéressent à l’histoire et à la signification de ces prénoms. Les détenteurs eux même plutôt que de s’enorgueillir de leurs beaux prénoms africains s’empressent de donner le prénom dit « français » lorsqu’on leur demande de déclarer leur identité.

D’aucuns diront que les prénoms français sont plus faciles à prononcer et donc plus commodes tandis que d’autres cherchent à échapper aux moqueries de leurs amis parce que portant des prénoms ridicules aux yeux des autres. Lorsqu’il s’agit de mettre une photo dans une tenue pagne et de déclarer que nous sommes Africains et fiers de l’être, pas besoin de se faire prier. Mais lorsqu’il faut porter cette même fierté à travers nos prénoms, nous nous défilons très rapidement.

Selon la croyance populaire en Afrique, le prénom que porte une personne peut influencer son caractère. Si cela s’avère vrai, je comprends mieux la multitude de statuts sur Facebook de mon cousin Songrofohl dont le prénom signifie « celui qui pense beaucoup ». Hemtcha désigne une personne qui rassemble tandis que Kignelman est une expression signifiant « tout ce que je fais est dans la main de Dieu ». Certains prénoms ont des significations multiples. C’est le cas de Soukpafolo qui se dit d’une personne en qui l’on peut avoir confiance et signifie également la volonté du cabri (aux temps jadis, la majorité des Sénoufo adorait les animaux). Mais n’allez pas croire que tous nos prénoms sont aussi "fantaisistes" car certains tel que Kolo (attribué à un enfant né à la suite de jumeaux) sont très "jolis" et "simples" aux yeux de tout le monde.  

Chez d’autres peuples, j’apprécie aussi les prénoms de certaines amies comme Singa et Wonseu qui signifient respectivement « or » et « bonheur » en Yacouba, ou encore Kossia généralement attribué aux personnes nées le dimanche chez les Abron.


Je pourrais vous citer toute une panoplie de prénoms africains aussi beaux et lourds de sens les uns que les autres mais il ne suffit pas de s’appeler Tchonté Pitin et de l’arborer fièrement pour prétendre défendre son identité culturelle. Lorsque je saurai parler et comprendrai parfaitement ma langue maternelle, je reviendrai vous enquiquiner sur notre pseudo fierté qui se limite très souvent à notre accoutrement. 

Sinon, c’est quoi votre prénom africain ? 

mardi 12 août 2014

LA VILLE DE TOUS LES PARIS !


« Depuis ton enfance là, avion passe au-dessus de ta tête. Tu as grandi, tu ne montes pas dans avion, jeune homme allons à Paris1 ».

Pour de nombreux Africains, la France demeure encore l’eldorado, la terre promise, le paradis qui mettra un terme à leur enfer sur terre. Déjà petits, plusieurs d’entre nous rêvaient de voir la capitale célèbre pour sa mode et sa cuisine (surtout pour les connaisseurs et les nantis) mais aussi pour sa fameuse Tour Eiffel.

Merci à Dieu et à mes parents qui m’ont permis de découvrir enfin Paris, la ville de tous les paris. Je ne viens pas vous parler de la majestueuse Tour Eiffel, ni du fameux pont des arts. Je viens partager ma surprise de découvrir que Paris n’est pas si différent d’Abidjan. Outre les dialectes africains que mon oreille pas si fine a immédiatement capté dans le bus, je me suis rendue compte que même certaines rues ressemblent à des rues d’Abidjan.

Toutefois c’est surtout en me rendant à la Tour Eiffel (Ah oui il fallait bien que je la vois de mes propres yeux) que j’ai été interpellée par les similitudes entre Paris et Abidjan.


Chez nous, on appelle ce jeu « rouge gagne, noir perd » car on joue avec des cartes de deux couleurs. Deux cartes noires et une carte rouge que l’on change de place plusieurs fois. Le joueur mise une certaine somme qui sera doublée s’il réussit à identifier la carte de couleur rouge. Ici, il s’agissait de trois objets que l’on déplaçait et il fallait trouver le lieu d’emplacement de l’objet qui avait un caractère unique. Parfois un miroir était collé à l’objet à retrouver ou alors il s’agissait de trois récipients dont l’un renfermait une boule.

Je voyais les touristes se faire arnaquer par une bande organisée d’escrocs (qui n’étaient pas noirs) sous l’œil avisé de leurs complices dans la foule. Ces complices qui faisaient semblant de jouer et attirait ainsi des personnes avides de gain facile. Par moment on pouvait voir ces « travailleurs » se disperser et ranger leur attirail sans crier gare. Le vendeur d’illusion pouvait alors s’en aller bras dessus, bras dessous avec une fille du public qui était il y a une minute une joueuse. Si vous ne comprenez rien à ce brusque changement, regardez bien autour de vous. Vous apercevrez alors à une dizaine de mètres, un policier à bicyclette effectuant sa ronde.

Les chiens ne font pas des chats dit-on. Si Paris ressemble tant à Abidjan du moins à mes yeux ou si plutôt Abidjan a des traits de ressemblance avec Paris c’est peut-être aussi parce que la France et la Cote d’Ivoire ont déjà eu plus d’une aventure ensemble.  

Les photos étant interdites, merci à ma tutrice qui a su user de stratagèmes pour prendre ces photos comme une détective en mission.

1-      Extrait de la chanson « Allons à Paris » de l’artiste ivoirien Dezy Champion.

mercredi 2 juillet 2014

Rohingya - maintenant l'histoire c'est toi.

Nous n’avons pas besoin d’être des supers héros pour poser des actes aux résultats grandioses. Cela ne sera surement pas grand-chose pour nous, mais représentera tout de même énormément pour des personnes qui souffrent ailleurs. Les mots peuvent signifier beaucoup de choses mais les images parlent d’elles même. Aujourd’hui je vous invite juste à regarder cette vidéo et à poser un acte qui pourrait changer la vie de 800 000 personnes. Ces images semblent lointaines pourtant nous pourrions tous nous retrouver dans de pareilles circonstances. Cela ne te prendra que quelques minutes pour regarder, quelques secondes pour signer et un click pour partager. 




lundi 16 juin 2014

MI KLOWO


Quand Pascal disait que « le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » je me demande si cela incluait aussi la raison religieuse. En effet il n’est pas rare de voir des parents s’opposer au mariage de leurs enfants issus de religions différentes. En Côte d’Ivoire, – Je ne connais pas beaucoup de juifs ou de bouddhistes – c’est surtout entre les hommes chrétiens et les femmes musulmanes que le problème se pose. Aussi je vois plusieurs personnes s’indigner lorsque des musulmans refusent d’accorder la main de leur fille en mariage à une personne d’une autre confession religieuse. Je donne ici mon point de vue, peut-être pas ce qui est juste mais il n’en demeure pas moins mon avis.

En islam un homme musulman peut épouser une femme chrétienne ou juive mais l’inverse n’est pas autorisé. D’après ce que j’ai lu et compris, cela est dû au fait que l’homme est considéré comme le chef de famille. De ce fait, les enfants devraient suivre la religion de leur père. Pour moi qui suis une reconvertie, je sais combien cela peut affecter une famille (surtout un parent) lorsque son enfant fait un choix religieux différent du sien. Par ailleurs, certains croient que la femme sous l’influence de son mari serait tentée de changer de religion, ou de faire preuve de laxisme.

Je connais des foyers où l’homme chrétien et sa femme musulmane vivent ou paraissent vivre en harmonie. Certains couples mixtes sont plus heureux que des couples issus de la même religion. D’autres ne résistent pas aux intempéries, qu’elles soient dues à la religion ou pas. Quoi qu’il en soit, l’on ne saurait évaluer le succès d’un mariage en se basant sur la compatibilité religieuse. Toutefois, avant de crier au scandale lorsqu’un père ou une mère s’oppose à l’union de son enfant, il serait préférable de s’informer sur les raisons qui poussent le ou les parents à prendre une telle décision. L’éducation des enfants n’est pas la seule zone d’ombre dans les mariages interreligieux. Chaque couple est unique et les conjoints doivent faire différents compromis pour l’harmonie de leur ménage.  

Enfin, je suis sûre que bon nombre de personnes aimeraient partager leur vie avec une personne qui partage les mêmes convictions religieuses. Si l’on peut choisir de qui on tombe amoureux (évitons le débat) certaines questions ne se poseraient même pas. Pour moi il est préférable que les deux conjoints soient issus de la même religion ; toutefois il est inadmissible qu’une personne se convertisse uniquement dans l’optique du mariage. Il vaut mieux aimer le Créateur plus que la créature.

Récemment, un ami artiste chanteur a décidé de traiter le sujet du mariage interreligieux. Je vous propose de découvrir et d’apprécier N’Klowô de Onew. Une histoire d’union entre un chrétien et une musulmane. Un sujet toujours d’actualité. Si les raisons religieuses sont compréhensibles, nul n’a le droit de juger l’amour entre deux personnes car que l’on aime en dioula ou en baoulé, Mi klowô signifie la même chose que M’bifè.

                           

Dioula : Langue africaine. Au départ un terme utilisé pour désigner des commerçants ambulants en Afrique occidentale ; aujourd’hui on appelle dioula en Côte d’Ivoire toute personne appartenant au grand groupe des Mandés du nord. La majorité des dioulas est musulmane.

Baoulé : Langue africaine du peuple des Baoulés. C’est un peuple installé principalement au centre de la Côte d’Ivoire. Les Baoulés sont généralement chrétiens.

Mi klowô / M’bifè : Je t’aime en baoulé et en dioula. 

lundi 26 mai 2014

CHARLENE DE PARIS


On la connaissait sous le sobriquet de Charlène de Paris. Toutefois prenez garde à lui attribuer un quelconque titre car la particule n’est pas une marque de noblesse. De plus, Charlène ne venait aucunement de Paris. Je me demande même si elle avait déjà mis les pieds dans un aéroport. Non Charlène était la gérante du maquis-bar « Paris » à Yopougon Toits-Rouges où les toits ne sont pas tous rouges. Sa réputation, elle l’a acquise au prix de mille dehanchements et de nuits partagées auprès de certains êtres mi-hommes mi-animaux. Non ce ne sont pas des cousins du minotaure mais ils n’ont pas besoin d’etre taureaux pour brouter.

Charlène de Paris revait de la Tour Eiffel mais à défaut du visa pour Bengué, elle avait le visage pour bringuer.  Sa fine silhouette ponctuée de rondeurs bien définies à des endroits précis a vite fait de lui attirer les faveurs des hommes « forts » du moment. Un passage à l’hôtel « passe on n’a rien vu » était suivi d’une lourde descente de boucantiers à « Paris » la nuit suivante.

Son maquis-bar restaurant lui procurait des sous, assez de sous pour s’offrir le voyage dont elle avait toujours rêvé. Seulement, l’ambassade répondait toujours niet à sa demande de visa sans lui fournir la moindre explication. Déterminée à marcher le long de la seine, elle se rabattit sur les agents de voyages des rues de Treichville. Ces agents sans bureau qui te font voyager dans le chaos. Se fiant à quelques malfrats elle misa toute son épargne en espérant aussi visiter l’Espagne. 
Elle se retrouva sans sou à Paris...de Yopougon.


En quête de show j’ai rencontré Charlène de Paris. Elle s’occupa personnellement de moi lorsque je lui dis que je vivais à Paris. Mes amis de galère m’avaient soufflé que c'était le mot de passe. Une promesse de logement à château rouge et je fus traité tel un prince. Je n’eus pas à débourser le moindre franc pour profiter d’une soirée arrosée avec quelques amis. Elles sont malheureusement nombreuses ces filles qui se laissent bercer d'illusions. Toutefois, le rêve parisien de certaines facilite le commerce pour nous autres vendeurs d'illusions. Cela fait quelques semaines que je n’ai plus de nouvelles de Charlène. Dans la promiscuité de mon entrer-coucher à Mossikro j'espère qu'elle a finalement pu arriver chez De Gaulle. 


Bengué: surnom que les ivoiriens donnent à la France
Boucantier: personne aimant afficher son aisance materielle pour impressionner les autres (attribué aux artistes du coupé-decalé  à l'origine)
Mossikro: quartier précaire dans la commune de Yopougon

lundi 12 mai 2014

ESSAYONS DE CHANGER CE QUE SIGNIFIE ETRE FEMME...


Alors on ne t’a rien coupé ? Bah tu es chanceuse alors ! Il y a dans le monde plus de 125 millions de femmes et de filles en vie qui n’ont pas eu autant de chance. Bien que ne présentant aucun avantage, l’excision est depuis plusieurs siècles ancrée dans certaines traditions africaines.

Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’excision n’est en aucun cas liée à l’islam. Dans aucune sourate il n’est mentionné la nécessité de cette pratique. Aucun hadith n’exhorte les parents à mutiler ainsi leurs filles. Pourtant dans certaines contrées, nos géniteurs croient dur comme fer qu’une femme qui n’est pas excisée "n’est pas propre".

Récemment, je suis entrée dans la chambre de ma colocataire et elle regardait un film. « Desert Flower ». Quelques instants plus tard, je retourne dans ma chambre et elle m’envoie un message, puis un lien sur Facebook. Ma très chère colocataire a été tellement émue par le film qu’elle a fait des recherches et s’est rendue compte qu’il s’agissait d’un scenario basé sur une histoire vraie.

Contrairement à moi, ma colocataire n’a pas du tout la larme facile. Quoi de plus normal donc que ma curiosité soit titillée lorsque celle-ci a les larmes aux yeux devant un film ?

Fleur du désert raconte l’histoire de l’écrivaine, ancienne mannequin et actrice Waris Dirie. Née en 1965 dans la région de Gallacio en Somalie, elle a été pendant plusieurs années ambassadrice de l’ONU chargée des questions de mutilations génitales feminines.

Le film raconte le parcours de Waris, du désert de la Somalie aux grands T du monde entier. Des différentes épreuves qui ont miné sa vie, La Fleur du Désert en est ressortie plus forte. Mais comme le dit l’actrice principale dans le film «Ce qui arrive au dernier d’entre nous à un effet sur nous tous. » Certaines personnes arrivent à surmonter le mal occasionné par les mutilations sexuelles. D’autres non.

L’excision et l’infibulation laissent de graves séquelles. « Le clitoris est retiré, les petites et les grandes lèvres de la vulve sont coupées. Ensuite on recoud la plaie.  A la place des organes génitaux il ne reste qu’une cicatrice. »

On ne parle jamais assez lorsqu’il s’agit de changer les mentalités. Ce n’est pas par méchanceté que certains parents excisent leurs filles. L’ignorance est génitrice de bien des maux. Plutôt que de chercher des responsables à des traditions dont les instaurateurs sont enterrés depuis longtemps, il serait mieux d’en parler autour de nous. C’est grâce au verbe que nous pouvons instruire et ainsi changer ce que signifie être femme.

Pour celles qui n’ont pas vécu cet enfer, il est difficile d’imaginer la douleur aussi bien physique que morale que subissent les jeunes filles et femmes victimes de l’excision. Plutôt que de vous faire un exposé sur le sujet je vous propose de regarder « Desert Flower ».



vendredi 9 mai 2014

JOHN ROBERT LEWIS...AN AMERICAN HERO




Il est le seul encore vivant parmi ceux que l’on appelait The Big Six (avec Martin Luther King, James Farmer, A. Philip Randolph, Roy Wilkins, Whitney Young). Son nom est surement inconnu par la plupart des personnes qui liront cet article. Pourquoi ? Parce que quand nous parlons de révolutionnaires, de lutte contre la ségrégation, nous nous arrêtons à certains personnages de l’histoire…

J’ai eu la chance de rencontrer John Robert Lewis le 7 Mai 2014 dans son bureau de Washington. J’avoue qu’avant mon voyage, je n’avais jamais entendu parler de lui ou alors je ne m’en souvenais pas. C’est à travers un film sur sa vie (voir la vidéo) que j’ai découvert l’homme. Comme Billy Billy dirait « De la ferme à la chambre des représentants, hum Lewis a réussi !»

Plus sérieusement, la vie de Lewis montre que le résultat final en valait la peine. Lorsque nous croyons en quelque chose, nous avons le droit mais surtout le devoir de nous battre afin de défendre nos valeurs et idéologies. Il le dit lui-même : «My parents said, don’t get into troubles; but, I got into troubles and it was good troubles, necessary troubles. »

C’est un homme plein de vigueur qui nous a reçus dans son bureau cet après-midi. Franchement au début, je me demandais s’il allait rester debout durant tout l’entretien. Et pourtant, l’homme qui a été emprisonné 40 fois dans les années 60 et encore 5 fois récemment a toujours de l’énergie à revendre.

Né le 21 Février 1940, John Robert Lewis a grandi dans une ferme dans l’État de l’Alabama. Élevé avec ses neuf frères et sœurs selon les préceptes chrétiens, rien ne prédestinait cet homme à être aujourd’hui le représentant du 5e district congressionnel de Géorgie à la Chambre des représentants des États Unis.

Inspiré par des pacifistes comme Rosa Parks et Martin Luther King, John Lewis s’est engagé dans la lutte contre la ségrégation raciale alors qu’il était encore étudiant. Il fut chairman du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) l’une des principales organisations du mouvement afro-américain des droits civiques dans les années 60. Il a rédigé un discours en réaction au Civil Right Bill de 1963 qui ne protégeait pas les afro-américains des brutalités de la police et ne leur octroyait pas le droit de vote.



Petite anecdote : Pendant la marche de Selma, il portait un sac à dos comme le montre la photo. Il nous raconte qu’il avait dans ce sac deux livres car il pensait qu’il serait encore arrêté et voulait quelque chose à lire en prison. Une pomme et une orange car il voulait avoir quelque chose à manger. Et enfin une brosse à dent et une pâte dentifrice au cas où il irait en prison car il aurait aimé se brosser les dents…lol!


Dans un pays où les noirs et les blancs ne pouvaient emprunter le même taxi. Dans un pays où les noirs et les blancs n’utilisaient pas les mêmes lavabos dans les endroits publics. Dans un pays où réclamer ses droits était passible d’emprisonnement et de bastonnades…

Des hommes se sont levés et ont œuvré pour que les générations futures n’aient pas à subir ces inégalités sociales. Ce n’était indubitablement pas facile. Mais malgré les coups et les arrestations, «They never gave up, they kept eyes on the prize.»


John Lewis est l’un des pionniers de la lutte contre la ségrégation raciale aux États Unis. Il montre que l’espoir n’est jamais perdu. Que nos efforts seront toujours récompensés. Et enfin qu’avec le courage et malgré toutes les difficultés qui pourraient émerger de nos combats, We Shall Overcome. 

Photo prise par Nadege Cakpo

Plus d'informations sur le personnage.