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lundi 27 juillet 2015

Irreplaceable...

Notre amour a émergé suivant le mouvement actuel du pays. Parfois on aime, parfois on blesse et on s’éloigne. Toutefois j’avoue que tous les torts sont miens cette fois… J’ai succombé à ton charme dès l’école primaire. Je me souviens de tous ces midis ou plutôt que de me rendre chez ma tante pour le déjeuner, j’accourais à ta rencontre pour des moments intenses de volupté. Comment oublier ces instants de pur bonheur ou plus rien n’existait lorsque je me retrouvais à tes côtés ? Et puis ça a changé… Cependant, permets-moi d’accuser le temps qui pendant ces deux dernières années ne nous a pas laissé indemnes. Tu as surement entendu que je clamais haut et fort ne plus t’aimer. Eh bien je m’en repens. Ce que je n’aimais pas c’était surtout cette monotonie qui s’était installée entre nous. Et également le fait que tu sois devenu si accessible au fil des ans… « Quelle ingrate ! » penses-tu peux être. Mais il n’en est rien. L’amour, quel qu’il soit, a constamment besoin d’être entretenu et parfois même de quelques challenges, afin que la flamme ne s’éteigne point. Bien qu’ayant cherché à me justifier, je te prie encore de me pardonner. Surtout que comme je le disais plus haut, notre amour à émergé. Avant on se rencontrait (presqu’) à l’abri des regards au terminus 40, Yopougon Kouté. Pourtant hier, c’était aux II Plateaux non loin de la planète BMW, et avec la complicité d’un certain Régis, que nous avons repris nos flirts. Je pourrais en aimer d’autres mais aucun d’entre eux ne saurait te remplacer.


lundi 26 mai 2014

CHARLENE DE PARIS


On la connaissait sous le sobriquet de Charlène de Paris. Toutefois prenez garde à lui attribuer un quelconque titre car la particule n’est pas une marque de noblesse. De plus, Charlène ne venait aucunement de Paris. Je me demande même si elle avait déjà mis les pieds dans un aéroport. Non Charlène était la gérante du maquis-bar « Paris » à Yopougon Toits-Rouges où les toits ne sont pas tous rouges. Sa réputation, elle l’a acquise au prix de mille dehanchements et de nuits partagées auprès de certains êtres mi-hommes mi-animaux. Non ce ne sont pas des cousins du minotaure mais ils n’ont pas besoin d’etre taureaux pour brouter.

Charlène de Paris revait de la Tour Eiffel mais à défaut du visa pour Bengué, elle avait le visage pour bringuer.  Sa fine silhouette ponctuée de rondeurs bien définies à des endroits précis a vite fait de lui attirer les faveurs des hommes « forts » du moment. Un passage à l’hôtel « passe on n’a rien vu » était suivi d’une lourde descente de boucantiers à « Paris » la nuit suivante.

Son maquis-bar restaurant lui procurait des sous, assez de sous pour s’offrir le voyage dont elle avait toujours rêvé. Seulement, l’ambassade répondait toujours niet à sa demande de visa sans lui fournir la moindre explication. Déterminée à marcher le long de la seine, elle se rabattit sur les agents de voyages des rues de Treichville. Ces agents sans bureau qui te font voyager dans le chaos. Se fiant à quelques malfrats elle misa toute son épargne en espérant aussi visiter l’Espagne. 
Elle se retrouva sans sou à Paris...de Yopougon.


En quête de show j’ai rencontré Charlène de Paris. Elle s’occupa personnellement de moi lorsque je lui dis que je vivais à Paris. Mes amis de galère m’avaient soufflé que c'était le mot de passe. Une promesse de logement à château rouge et je fus traité tel un prince. Je n’eus pas à débourser le moindre franc pour profiter d’une soirée arrosée avec quelques amis. Elles sont malheureusement nombreuses ces filles qui se laissent bercer d'illusions. Toutefois, le rêve parisien de certaines facilite le commerce pour nous autres vendeurs d'illusions. Cela fait quelques semaines que je n’ai plus de nouvelles de Charlène. Dans la promiscuité de mon entrer-coucher à Mossikro j'espère qu'elle a finalement pu arriver chez De Gaulle. 


Bengué: surnom que les ivoiriens donnent à la France
Boucantier: personne aimant afficher son aisance materielle pour impressionner les autres (attribué aux artistes du coupé-decalé  à l'origine)
Mossikro: quartier précaire dans la commune de Yopougon