mardi 1 octobre 2013

MÉLANCOLIQUE ANONYME


Cher Gnanm,

Bonsoir j’ai 21 ans et je suis mélancolique. Je sais que tu connais déjà toute l’histoire mais j’aimerais bien revenir sur certains souvenirs que j’ai ressassés alors que j’étais censé suivre mon cours de droit.

A 16 ans, j’ai souffert d’une maladie assez grave qui m’a fait sombrer dans le coma une semaine durant. D’après ce que j’ai appris à mon réveil, maman à dû prendre des congés pour rester à mes côtés tout le temps. Nous avons toujours été très proches car je suis le dernier de ses trois enfants aussi, je pense qu’elle souffrait beaucoup de me voir dans cet état. Lorsque je suis revenu à moi elle m’a aidé à récupérer, s’assurant que je prenais tout le temps mes médicaments. Un mois plus tard grâce au suivi et aux attentions de maman je reprenais ma vie normale d’ado.

Septembre 2008 alors que je suis en voyage avec mes frères, papa nous demande de rentrer d’urgence parce que maman est hospitalisée. Nous sommes rentrés sur le champ et le lendemain nous sommes allés la visiter à la polyclinique des 2 plateaux. De toute ma vie, je n’ai jamais autant prié qu’en cette période. 
Depuis plus de dix ans que maman était diabétique, c’était la première fois que son cas était alarmant; je ne savais plus à quel saint me vouer.

Papa ne me laissait pas la voir dans son état craignant que je n’arrive pas à le supporter. J’avais pourtant tellement envie de la voir, de lui dire que je l’aime. Je n’avais jamais autant eu peur, je repensais à la dernière fois que je l’ai vu en bonne santé, la dernière fois qu’on s’est parlé et je maudissais cette dispute qu’on avait eue. J’aurais dû baisser le ton ce jour là, j’aurais dû lui dire que j’étais désolé avant d’effectuer ce voyage, j’aurais dû, j’aurais dû, malheureusement je n’ai pas pu. Elle a passé un mois dans le coma, un mois pendant lequel je me disais qu’elle avait pris ma place sur ce lit d’hôpital, un mois pendant lequel je demandais à Dieu de me laisser la chance de profiter à nouveau de ma maman.

Samedi 04 Octobre 2008, je suis rentré du parc pour découvrir une atmosphère lourde à la maison. Ma grande sœur s’enfermait dans la chambre, mon frère aux Etats Unis appelait mais refusait de me parler, ma cousine était venue passer la nuit avec ma sœur, bref je sentais que quelque chose clochait. Le dimanche alors qu’on se rendait à l’Eglise en famille comme d’habitude, papa me parla sur un ton qui se voulait serein.

- Aimar, tu es grand maintenant, je sais que c’est difficile mais tu dois faire avec…
Je devais faire avec ? J’étais confus, je refusais de croire qu’il parlait de ma maman, il ne pouvait pas s’agir de l’être que j’aimais le plus au monde, elle ne pouvait pas être partie.

- Qu’est ce qui se passe ?

Ma sœur éclata en sanglots à l’arrière de la voiture, papa m’a dit cette phrase qui résonne encore dans ma tête chaque fois que je pense à elle « Maman nous a quitté »

C’était donc vrai, elle était partie là d’où personne ne revient, ce lieu dont tout le monde parle mais dont on envoie jamais de carte postale. Sur le coup on ne réalise pas ce qui se passe, je n’admettais pas que je ne la reverrais plus jamais, que mon dernier souvenir avec elle serait une stupide dispute. Il m’a fallut 5 min, le temps de passer en revue toutes les images d’elle que j’avais, et l’adage un garçon ne pleure pas a été démenti. Le plus courageux du monde n’aurait pu refouler ses larmes qui coulaient le long de mes joues, je venais de perdre un trésor inestimable.

Avec du recul, on comprend que la présence d’une mère est la chose la plus importante qui soit, et son absence crée un fossé quasiment impossible à combler. La douleur d’un orphelin est toujours grande, mais de savoir que nous nous sommes disputés la dernière fois que je l’ai vue en vie, amplifie la mienne de douleur. Avec des si on refait le monde, malgré des si ma maman ne serait surement toujours plus là, pourtant avec des si j’aurais pu lui dire que je ne pensais pas ce que j’ai dis ce jour là. La mort est certes un passage obligé pour tout le monde mais lorsque celle qui nous a donné la vie la perd sans qu’on ait le temps de lui dire qu’on l’aime on se demande à quoi cela sert de vivre.

Cinq années sont passées, j’ai eu le temps de comprendre que maman ne reviendrait plus mais de tout là haut j’espère qu’elle sait combien je regrette et que je l’aime. Bon Dieu, par cette missive que tu as surement déjà lu avant que je ne la conçoive, je te demande de prendre soin de ma maman chérie là où elle se trouve et de la protéger comme j’aurais tant voulu le faire.

Aimar un mélancolique anonyme sur une page blanche en ce 28 février 2013.

Dessiné par Saraï d'Hologne

























*Gnanm : Dieu en Adjoukrou

CAUSERIES AUTOUR D'UN BABY-FOOT



La semaine avait été plutôt harassante mais un tour à la salle de sport et les deux amies Josiane et Audrey se sentaient mieux. Cela faisait un bon bout de temps qu’elles avaient abandonné les exercices et reprendre leurs séances hebdomadaires de sport leur faisait beaucoup de bien.

-          Et si on allait faire une partie de babyfoot ? Il y a bien longtemps que je t’ai foutu une raclée à ce jeu.

-          Hum Audrey, est ce que tu es capable de maintenir ton gardien dans les buts avant d’espérer gagner ne serait-ce qu’un match contre moi ?

-          C’est ce qu’on verra tout à l’heure très chère.

Serviettes au cou elles se dirigèrent vers la salle de jeu qu’abritait le centre de sport du quartier de Josiane. L’employé de ladite salle était content de retrouver ces deux femmes car leurs bavardages sur leurs vies intimes lui permettaient d’oublier la monotonie de son travail. En effet chaque fois que Josiane et son amie se retrouvaient autour de ce jeu elles oubliaient qu’il y avait du monde autour et se livraient à de véritables confessions un tantinet bruyantes sur leurs vies privées respectives.

-          Alors chérie comment va François ton nouvel amoureux?

-          Oh très bien Josy. Hier il m’a offert une belle montre sertie de diamants, hum une merveille ma copine. C’est vrai qu’il est dans un petit club mais il est issu d’une famille tellement aisée que son salaire de footballeur ne représente que des miettes pour lui.

-          Tu as beaucoup de chance. Toi au moins tu as pêché un gros et bon poisson. Quant au mien Dieu seul sait ce qu’il me fait subir dernièrement.

-          Eh ne t’inquiète pas Josy, ils sont tous comme cela une fois qu’ils ont obtenu ce qu’ils veulent. Regarde toi Josiane, tu es belle, jeune et surtout indépendante financièrement. Des hommes à la recherche d’une femme comme toi on les ramasse à la pelle dans Abidjan.

-          Je sais Audrey mais cela n’empêche pas le fait que je ne veux pas de n’importe quel homme. Rappelle-toi la promesse que nous avons faite toutes petites.

-          EPOUSER UN FOOTBALLEUR.

-          Tu vois ? Je veux bien perdre Marc mais aurais-je la chance d’avoir un footballeur encore une fois ?

-          Je vois je vois. Mais tu sais les stars du foot sont aussi très sollicitées par les jeunes filles de ce pays et même d’ailleurs. Je rencontre plusieurs difficultés avec François malgré ce qui parait. Figure toi que dernièrement j’ai défiguré Annie la Barbie du lycée qui courait après les gars des autres. Elle avait osé se mettre sur mon terrain mais en tout cas elle saura désormais à qui s’en prendre.

-          Ah bien fait pour elle ! Il y a bien longtemps que je voulais la corriger depuis l’histoire avec le métisse de terminale.

-          Ce goujat la ? Il n’en valait pas la peine de toutes les façons tu valais et continue de valoir mieux que lui.

-          CASSA MOULER ! s’exclama Josiane. 

-          Ah ! Je suis en train de te parler et puis tu marques comme ça ? Moi qui voulais te proposer un diner a quatre pour que François te présente à l’un de ses amis. Ce n’est plus la peine.

-          Ah Audrey toi aussi, ce n’est pas parce que je te gagne que tu vas gâcher mon bonheur. Pardon programme ça rapidement parce que j’en ai marre de ce Marc qui cherche à battre le record du plus grand nombre de slips féminins ôtés.

-          D’accord attends que j’appelle François d’ailleurs il devait passer me prendre ce sera l’occasion pour vous de faire connaissance.

-          Hum dans quel club tu as dit qu’il jouait déjà ? Il faut vraiment que je commence à regarder le foot si je veux m’attraper un autre de ces sportifs. A part les matchs de FC Vanou le club de Marc je ne m’intéresse pas tellement aux compétitions.

-          Ah tu devrais hein, le téléphone sonne…Allo ! Mon Baby-foot préféré je t’attends à la salle de sport, tu arrives dans combien de temps ?

-          ….

-          D’accord à toute l’heure mon amour.

Josiane rangea ses effets et se retourna vers son amie quand celle-ci raccrocha le téléphone.

-          Ah Audrey tu appelles ton gars Baby-foot comme moi ?

-          Hum ma chère il aime que je l’appelle comme ça oh. Tiens le voilà qui arrive il était dans les parages.

Marc François approcha et fut surpris de découvrir Josiane et Audrey ensemble à la salle de sport. Il ignorait que ses deux conquêtes se connaissaient et ne pouvait plus rebrousser chemin.

-          Audrey, c’est ton Baby-foot qui est là ?

-          Oui Josiane pourquoi ?

-          Parce qu’aux dernières nouvelles c’est Marc mon Baby-foot à moi.



Cassa Mouler : Expression ivoirienne pour désigner un superbe but au baby-foot.

BEAUTE NOCTURNE



Beauté nocturne….Non je ne vous parlerai pas de cet Apollon d’une nuit qui s’est transformé en vilain crapaud baveux le matin. Je ferai semblant de ne pas connaitre cette fille qui embarquée en boite de nuit dans un emballage made in Cendrillon s’est avérée être un minuscule caillou couvert de quelques paillettes d’or.

J’ai plutôt envie de vous parler de moi, enfin pas de moi à 100% non plus mais plutôt de nous, de vous, d’eux, de chaque personne sur cette terre qui vit et qui pose des ACTES NOCTURNES. Je qualifie de nocturne non seulement ce qui se passe la nuit mais en particularité tout acte posé,  dans l’obscurité, à l’abri des regards. Quand nous nous isolons dans une pièce, quand nous évitons la lumière pour poser certains actes, avons-nous la finesse d’esprit de nous poser cette question : «  Ahi si ce que je fais est bon, pourquoi est-ce que je me cache ? »
Souvent nous ne nous cachons pas, « on veut juste être discret » disent certains. Il ne faut pourtant pas confondre la discrétion et la honte. Bien entendu il arrive que craignant les mauvaises intentions des sorciers camouflés parmi nos amis nous préférons tenir tout le monde à l’ écart de nos projets. Bien souvent, on s’isole aussi parce que certaines choses et multiples elles sont, doivent se faire en toute intimité. Bien souvent, on se met à l’abri des regards tout simplement parce que l’on n’aime pas se sentir observé. Bien souvent…Bien souvent…chacun y va de sa raison pour justifier ses actes nocturnes.

Quoi qu’il en soit à partir d’aujourd’hui j’aimerais me poser cette question et j’aimerais bien que d’autres se la pose avec moi (ce n’est pas forcé hein). Chaque fois que je me cache pour « sauter la clôture », est-ce parce que je veux être discret ou est-ce parce que ce que je ferai dehors ne mérite pas d’être exposé à la vue et au su de TOUS ? Chaque fois que je me retire avec quelqu’un (femme, mari des gens) dans un hôtel en vérifiant derrière moi après chaque pas, est-ce parce que je suis discret ou parce que ce que je compte y faire ne m’est pas licite? 

Chaque fois que je pose un acte en prenant milles et une précaution, est ce que je m'isole pour la bonne raison ?


La nuit, dans, l’obscurité, tous les chats sont gris, tout semble plus beau, tout semble permis, on se permet tout et n’importe quoi parce que personne ne semble nous voir. Quoi qu’il en soit sachons que nous ne sommes jamais assez cachés, car si on peut se cacher des hommes, il y a cette caméra invisible et omniprésente qui nous observe. 

Credit Photo: HSTUDIO'S
Model :         SARAI D'HOLOGNE

TU N'ES JAMAIS SEUL


Il s'agit d'un texte que j'ai découvert sur facebook il y a bien longtemps et que j'avais sauvegardé. En lisant mes anciens documents je suis tombée dessus et j'ai eu envie de le partager avec vous. 

- Je lui ai dit : « Je suis très seul(e) ».

- Tu m'as dit :  « [...] Je suis tout proche ». - [ Sourate 2 ~ Al-Baqarah (La Vache) / Verset 186 ]

- J'ai dit: « Oui, je sais que Tu es proche, mais moi je suis loin de Toi. Si je pouvais être aussi proche de Toi ».

- Tu as dit : « Et Invoque ton Seigneur en toi-même, en humilité et crainte, à mi-voix, le matin et le soir et ne sois pas du nombre des insouciants. » - [ Sourate 7 ~ Al-A'râf (Le Mur d'A'raf) / Verset 205 ]

- J'ai dit : « Même cela demande ton aide ! »

- Tu as dit : «  [...] N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne ?  [...]» - [ Sourate 24 ~ An-Nûr (La Lumière) / Verset 22 ]

- J'ai dit : « Bien sûr, je voudrais vraiment que Tu me pardonnes ».

- Tu as dit : { « Et implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est vraiment Miséricordieux et plein d'amour ». } - [ Sourate 11 ~ Hûd / Verset 90 ]

- J'ai dit : « Je suis vraiment dans le péché, que ferais-je avec autant de péché ? »

- Tu as dit : « Ne savent-ils pas que c'est Allah qui accueille le repentir de Ses serviteurs, et qui reçoit les Sadaqât, et qu'Allah est L'Accueillant au repentir et le Miséricordieux. »  - [ Sourate 9 ~ At-Tawba (Le Désaveu ou Le Repentir) / Verset 104 ]

- J'ai dit : « Combien de fois j'ai renoncé à me repentir, j'ai honte de revenir encore ! »

- Tu as dit : { [...] « Allah le Puissant, l'Omniscient. Le Pardonneur des péchés, l'Accueillant au repentir, [...] » } - [ Sourate 40 ~ Ghâfir (Le Pardonneur) / Verset 2-3 ]

- J'ai dit : « J'ai tant de péché, pour lequel demander pardon ? »

- Tu as dit :  « [...] Allah pardonne tous les péchés  [...]» - [ Sourate 39 Az-Zumar (Les Groupes) / Verset 53 ]

- J'ai dit : « Cela veut dire que si je me repens, Tu vas encore me pardonner ? »

- Tu as dit :  « [...] Et qui est-ce qui pardonne les péchés, sinon Allah ?  [...]» - [ Sourate 3 ~ Al 'Imran (La Famille d'Imran) / Verset 135 ]

- J'ai dit : « Comme tu es Bon mon Dieu ! Je ne sais pas pourquoi, mais face à ces mots je bouillonne de l'intérieur, je T'adore mon Dieu ».

- Tu as dit : « [...] car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient. » - [ Sourate 2 ~ Al-Baqarah (La Vache) / Verset 222 ]

- D'un coup, j'ai dit : « Mon Dieu, à part Toi je n'ai personne ».

- Tu as dit : « Allah ne suffit-Il pas à Son esclave [comme soutien] ? » - [ Sourate 39 ~ Az-Zumar (Les Groupes) / Verset 36 ]

- J'ai dit : « Tu es si bon, généreux envers moi, Tu m'aimes tant, que puis-je faire pour Toi ? »

- Tu as dit : { « Ô vous qui croyez ! Évoquez Allah d'une façon abondante. Et, glorifiez -Le à la pointe et au déclin du jour. C'est lui qui prie sur vous ainsi que Ses anges, afin qu'Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière et Il est Miséricordieux envers les croyants. » } - [ Sourate 33 ~ Al-Ahzâb (Les Coalisés) / Verset 41-43 ]

- Je me suis dit : « Ya Allah, je T'adore ».

vendredi 6 septembre 2013

UN ALLER SANS RETOUR






<< Chérie assieds-toi que je te raconte quelque chose que j’aurais dû te dire depuis bien longtemps. Je me rappelle de mon huitième anniversaire comme la pire journée de mon existence et pourtant presque tout était réuni pour faire de ce jour un moment inoubliable. La cour arrière de la maison avait été décorée avec soin par une experte et tous mes camarades étaient présents pour célébrer cette nouvelle année qui s’offrait à moi. Pour l’occasion papa avait fait venir Billy le clown le plus célèbre du pays afin de rendre la fête encore plus mémorable. Des crèmes glacées de tous les parfums, des pizzas aussi savoureuses les unes que les autres, du poulet, du bœuf, des fruits de mer…tous les plats dont le petit garçon que j’étais pouvait rêver étaient au rendez-vous. J’avais également reçu plusieurs cadeaux mais immense fut ma joie de recevoir un présent que j’attendais depuis plusieurs années. Je venais de couper mon gâteau d’anniversaire lorsque la sonnerie du portail retentit. Ahou ma nounou alla ouvrir et revint la mine déconfite en regardant papa. Une belle femme élancée, les cheveux coupés à la garçonne et vêtue d’une mini robe s’avança un paquet cadeau dans les bras.

- Que fais-tu ici Sonia ? cria papa à l’adresse de la visiteuse.

-          Comment ça, qu’est-ce que je fais ici ? N’est-ce pas l’anniversaire de notre fils ?

-          Notre fils ? Voyons depuis quand avons-nous un enfant en commun ?

-          Depuis que j’ai mis au monde ce magnifique gamin que voici.

Du haut de mes huit ans je venais de comprendre que le vœu que je faisais à chaque anniversaire s’était enfin réalisé.

J’en avais marre de rester muet chaque fois que mes amis me demandaient des nouvelles de ma maman. La première fois que j’avais osé demander à papa pourquoi est-ce que ma nounou était la seule femme de la maison il entra dans une colère si grande que cela m’enleva toute envie de retenter l’expérience.

-          Maman ?

J’avais prononcé ce mot sans m’en rendre compte mais surtout sans mesurer l’importance que renfermaient ces deux syllabes.

-          Habib rentres dans ta chambre, la fête est terminée.

-          Mais je veux parler à maman.

-          Je t’ai demander de rentrer dans ta chambre. Ahou s’il vous plait faites rentrer les enfants au salon.

-          Tu ne peux pas m’empêcher de voir mon fils Aziz !

-          Sonia, reprit papa sur un ton plus calme qui se voulait toutefois menaçant. Tu as perdu tes droits sur mon fils le jour où tu as claqué la porte de ma maison. Le jour où faisant fi de toutes mes supplications tu t’es envolée pour les caraïbes avec ton ambassadeur, tu as décidé qu’Habib n’avait plus de mère. Le jour où tu me jugeas trop pauvre pour mériter ta présence à mes cotes tu as décidé par la même occasion de mourir aussi bien pour moi que pour mon fils. A présent retournes d’où tu viens avant que je perde ce qu’il me reste de sang-froid.

Ces paroles restèrent à jamais gravées dans ma mémoire. Pendant longtemps j’en ai voulu à papa de m’avoir éloigné de ma mère. Du haut de mes huit ans je ne comprenais pas qu’il refuse d’accepter à nouveau dans sa vie une femme avec qui il a eu un enfant, et qu’il prétendait avoir aimé. Je me demandais si papa m’en voulait pour une quelconque raison au point de refuser que je reprenne contact avec ma génitrice ou s’il agissait tout simplement par égoïsme. J’étais sûr que même une dizaine d’années ne pouvait effacer un amour qui se voulait vrai, beau et sincère. »

-          Pourquoi me racontes-tu tout ceci mon amour?

-           Pourquoi Tendresse? Eh bien j’ai vu ton passeport récemment et j’ai remarqué le visa pour les Etats Unis. Je sais que ton amour de jeunesse Francis est de retour au pays et qu’il envisage de retourner bientôt chez l’oncle Sam. Je sais que tu l’as vu fréquemment pendant tout son séjour et je tiens juste à te mettre en garde. Une fois que tu partiras ce sera pour de bon. Avec beaucoup de recul et surtout en grandissant et en apprenant moi aussi à aimer, j’ai fini par comprendre l’acte de mon père. Contrairement à lui toutefois, si un jour tu revenais, je ne serai pas aussi tendre. Si un jour tu revenais à l’instar de mon irresponsable de mère, je te tuerai de mes propres mains afin que tu sois aussi morte dans l’esprit de notre fille que dans la réalité. J’éviterai à ma fille de vivre la même douleur que moi à mon huitième anniversaire. Voilà Tendresse la raison pour laquelle je t’ai raconté cette histoire. Bonne nuit chérie et n’oublie pas que ton vol pour Atlanta est prévu pour 22h.



Credit Photo: HSTUDIO'S
Models :        KAFANA KEVIN
                     SARAI D'HOLOGNE



lundi 2 septembre 2013

CA AURAIT PU ETRE TOI...




J’avais envie de regarder des films pour et sur des adolescents et je suis donc allée sur Youtube où j’en ai trouvé plusieurs. Je ne me souviens plus de ce que j’avais entré dans le champ de recherche mais en voyant Emily Osment comme actrice principale je me suis dit que j’aimerais le film intitulé Cyberbully. Je n’en avais pas le résumé et par conséquent je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me disais tout de même qu’il s’agissait sans doute d’une histoire d’ados avec une gentille et une méchante et que comme à l’accoutumée la gentille finirait avec le gentil beau gosse du lycée. Grande fut ma surprise de découvrir un film qui parlait des dangers liés aux réseaux sociaux principalement pour les jeunes. En effet il s’agissait de l’histoire d’une fille qui ayant rencontré  « un gentil garçon » sur le net lui confia certains secrets. A la suite de plusieurs incidents malheureux, cette jeune fille vierge se retrouva affublée des caractéristiques d’une véritable catin. Trahie par ses proches et rejetée par tous elle envisagea le suicide…


Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce film mais je dois reconnaitre que par moments je n’ai pu empêcher mes larmes de couler. J’ai la larme facile doivent se dire certains mais la vérité est que j’ai pensé à toutes ces fois ou comme cette fille je me suis exposée sur les réseaux sociaux. J’ai certes eu la chance de rencontrer des personnes merveilleuses sur Facebook et twitter mais  j’aurais aussi bien pu me retrouver à la place d'Emily Osment. Combien de fois a-t-on entendu qu’un tel ou une telle s’est fait assassiner par des personnes qu’ils avaient connues par le biais d’internet ?

On pourrait se dire que cela n’arrive qu’aux autres, que nous sommes trop prudents pour tomber dans des pièges aussi sordides mais croyez-le ou non les victimes précédentes pensaient surement comme nous et nous ne sommes pas plus intelligents qu’elles. Loin de vouloir faire peur ou de dénigrer les amitiés conçues sur les réseaux sociaux je voudrais tout simplement attirer l’attention sur ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

Quelques astuces pour éviter certains drames seraient :

-          S’assurer que nous avons des amis communs dans la réalité avec ces personnes auxquelles nous parlons fréquemment sur le net ;

-          Ne jamais aller seul à la rencontre d’une personne rencontrée sur un réseau social et surtout exiger que le lieu soit public ;

-          Enfin éviter de divulguer des informations trop personnelles a des inconnus car si on ne peut pas faire confiance à des gens que l’on connait dans la réalité c’est encore pire dans le virtuel.


Internet est certes un outil de communication mais nous devons faire attention à ce que nous communiquons et avec qui nous communiquons car derrière un écran d’ordi il peut se trouver un véritable malade mental. 

samedi 31 août 2013

EN QUETE DE GUERISON

Je suis malade enfin, d’autres ne qualifieraient pas ce dont je souffre de maladie. Pour eux il pourrait s’agir d’un problème psychologique ou encore d’un souci passager mais pour moi c’est bien plus grave et je n’ai toujours pas trouvé le remède.

Je ne suis surement pas la seule à en souffrir, des milliers de personnes dans le monde ont peut être le même mal que moi. J’en ai déjà parlé a des amis et connaissances et à chaque fois j’ai reçu la même réponse “Ne t’inquiète pas ça va passer.”

Dire à quelqu’un qui souffre que son mal est provisoire a sans doute pour objectif de l’apaiser mais dans mon cas cela ne change rien à ma peine. Cela fait bientôt quelques semaines que je n’ai rien à me mettre sous la dent ou plutôt sous les doigts. Des jours et des nuits que je n’arrive pas à noircir ma feuille blanche.

En cette journée mondiale des blogueurs je veux partager ma souffrance avec vous en espérant que quelque part dans le monde un lecteur aura trouvé la solution à mon problème. Dans tous les cas j’espère que pour tous ceux qui connaissent cette période de page blanche on en ressortira à chaque fois plus inspiré.




HAPPY BLOGDAY les copains !!!

mercredi 21 août 2013

LES GRIOTS DES TEMPS MODERNES

« Romy 8500 euros ehh empereur l’argentier toujours très très fort c’est toi le meilleur de ta génération. Tantie tantie Rachou la malienne, aussi belle que puissante ah ma tantie voilà ton bon petit. Ah ca va tuer ce soir, les vrais boutiquiers, eehi boucantiers sont dans la place… »

Non vous ne rêvez pas; cela pourrait bien être les paroles d’une chanson qui serait même très appréciée par les ivoiriens. Les Dj, les artistes du coupé décalé ou encore selon moi les griots des temps modernes ne savent plus que crier chanter. Quand ils ne nous déversent pas un flot de paroles incompréhensibles, ils font l’attalaku interminable des boucantiers d’Abidjan qui se sont affublés de sobriquets tous aussi déroutants les uns que les autres.

Comment peut-on écouter une chanson de 5 min dans laquelle le griot , l’artiste ne fait que citer le nom de ses bailleurs de fonds ? Encore si comme chez les vrais griots ils nous relataient des exploits censés de ces guerriers de la nuit, j'aurais pu comprendre le sens de tout ceci. Dans tous les cas ce genre de chanson est très prisé de nos jours dans les boîtes de nuit et maquis, et d’ailleurs même certains clips vidéos de ces litanies de boucantiers passent à la télévision nationale. J'ai remarqué à plusieurs occasions que bon nombre de personnes en connaissent même les paroles par cœur.

Ce serait faire preuve de mauvaise foi de ne pas reconnaître que l’on a au moins une fois dansé sur l’une de ces chansons. Je l’avoue, quand il faut dégammer, s’amuser, danser, le coupé décalé est aujourd’hui notre première source de divertissement. Toutefois doit on continuer à aimer et propager ce  genre de musique sans chercher à l’améliorer? Ne peut-on pas l’utiliser pour sensibiliser la jeunesse sur des sujets plus importants ? C’est la musique de chez nous me diront certains mais le zouglou est aussi un genre musical bien de chez nous néanmoins cela n’empêche pas les artistes de ce genre d’éduquer la jeunesse.

Cela est bien beau de parler des riches (dont on ne connait pas la provenance des biens), de chanter que seul le travail paie, ou encore de divertir le public mais ce serait tellement plus utile si tout cela pouvait s’accompagner de certains conseils utiles pour la jeunesse africaine. Le coupé décalé serait encore plus beau si l'on ne l'assimilait pas à l'abus de l’alcool (le zouglou n'y est pas étranger non plus), à des modes vestimentaires ridicules ou encore à un gaspillage de sous qui pourrait bien servir à développer des activités saines pour la jeunesse.

Le but de cet article n’est pas de créer un débat sur lequel des deux genres (le coupé décalé et le zouglou) est le meilleur. J’espère juste que les choses changent et que le coupé décalé ne fasse pas la fierté d’un seul groupe de gens, ne soit pas prisé par une seule tranche d’âge mais soit plutôt la musique ivoirienne que l’on serait, que je serais fière de défendre partout tant pour ses rythmes endiablés que pour ses paroles et concepts censés.


*Atalaku : Louanges intéressées de personnes par un artiste chanteur.

*Boucantiers: Personnes aimant afficher leur "aisance matérielle" au public en déversant des billets de banque sur un artiste ou dans la foule. 

*Dégammer : s'amuser

*Zouglou: Genre musical ivoirien inspiré des réalités sociales diverses vécues par la jeunesse ivoirienne et portant tantôt des messages humoristiques, tantôt des messages politiques, ou bien plus souvent délivrant des conseils sur la vie. 

lundi 8 juillet 2013

RAMADAN MUBARAK !



C’est officiel, le Ramadan a débuté aujourd’hui et j’espère que pour tous la journée s’est bien déroulée. Pour ceux qui l’ignorent, le Ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam. Il s’agit d’un mois pendant lequel l’on s’abstient de manger et de boire (de l’aube au coucher de soleil) mais surtout un mois censé nous rapprocher de notre créateur.

Je vous propose quelques rappels que j’ai eu plaisir à lire sur twitter tout en y apportant de légers ajouts. Pour ce mois de Ramadan qui débute, les musulmans sont appelés à changer de comportement. On aimerait pouvoir être irréprochables tout le long de notre vie mais l’homme étant ce qu’il est, essayons au moins d’être en communion avec Allah pendant 30 jours.

1- Purifier son intention. Il est important de se rappeler constamment la raison du jeûne : on jeûne pour rechercher la satisfaction de Dieu.

2- Ne pas oublier de faire des duas pendant la journée et particulièrement avant de rompre son jeûne: Ramadan est le mois des invocations.

3- Apprendre à gérer son temps. Un des buts de la privation de nourriture est de libérer le temps que l’on passe à manger. Cependant il faut se demander ce que nous faisons de ce temps libre : surement la télé, les films, l’internet, la musique, les balades…pour faire passer le temps. A toi de voir si ton Ramadan ne se fait pas que dans les apparences car il s’agit en réalité de se détacher de certaines activités qui ne nous apporterons pas grand-chose dans notre quête de foi. Si ton jeûne ne te fait pas changer de comportement alors tu as raté le but fixé. Il faut donc se libérer de certaines dépendances.

4- Lire le Coran et l’étudier. N’oublie jamais que le mois de Ramadan est d’abord le mois de la descente du Noble Livre de l’islam. Il faut se rapprocher de ce livre si l’on veut se rapprocher d’Allah. Même si tu ne comprends pas l’arabe ou même si tu ne sais pas le lire, il faut écouter la lecture du Coran en arabe pour la beauté de sa récitation et lire le sens en français ou en arabe pour en comprendre l’interprétation.

5- Faire des veillées spirituelles. Le mois de Ramadan doit nous permettre d’adorer Allah...surtout la nuit.

6- Maîtriser sa colère et/ou sa paresse. Jeûner ne se limite pas à se priver de nourriture et de boissons mais tous nos sens doivent nous accompagner.

7- Tenir sa langue. Tout(e) musulman(e) doit faire attention à ce qui sort de sa bouche lorsqu’il/elle est en jeûne car il y a des choses qui ne sont pas bonnes à dire pendant le Ramadan.

8- Faire preuve de patience et d’effort pour les prières de Tarâwih. Elles sont une miséricorde, elles participent dans l’effort d’endurance.

9- Manger ce qu’il faut, ni trop beaucoup, ni trop peu. Malheureusement le Ramadan donne l’occasion à certaines familles d’organiser de véritables festins à la coupure, comme si l’on voulait se venger pour la nourriture dont on s’était privé pendant la journée. Sache qu’il est préférable de manger peu car récupérer tous les repas de la journée le soir n’est pas le but du Ramadan.

10- Penser aux plus démunis. Le mois de Ramadan au-delà des privations est aussi un mois de partage alors pensons à donner à ces personnes pour qui tous les jours sont des jours de jeûne forcé.

J’espère que ces rappels serviront à quelque chose. Ils ne sont certes pas faciles à appliquer mais avec le soutien d’Allah on arrivera In Shaa Allah à quelque chose. Je souhaite à tous un excellent Ramadan et que Dieu agrée nos prières et notre jeûne. Amine.

jeudi 27 juin 2013

IL ETAIT MIEN ET J'ETAIS SIENNE





  • Aristide est rentré à la maison aux environs de 22h. Franck notre fils a couru dans ses bras comme à son habitude. J'aimais voir les deux hommes de ma vie réunis. La flamme qui brillait dans les yeux d'Aristide chaque fois qu'il prenait Franck dans ses bras me donnait envie de lui donner un second fils. Malheureusement nous avions tout essayé mais les anglais débarquaient chaque mois comme s'ils se préparaient à reconquérir l'Amérique. Je désespérais de voir un jour un nouveau né qui meublerait mes nuits de ses cris. Les médecins m'avaient déclarée saine et apte à porter une seconde grossesse sans le moindre risque. Les féticheurs et autres charlatans n'avaient pas trouvé de solution à mon problème alors j'ai fini par me décourager.
    - Ca va chérie? Me demanda t-il après avoir déposé notre fils.
    - Oui oui et toi mon amour?
    -Oh tu sais quand ca va chez toi alors ça va chez moi.
    - Assieds-toi que je t'apporte à manger.
    Cela faisait trois ans que Franck était né et j'avais perdu mes habitudes avec Aristide; je n'étais plus la femme aimante qu'il avait connu à nos débuts. Il ne s'en plaignait pas mais je savais bien que j'avais changé, peut être par lassitude. Autrefois, je l'aurais débarrassé de sa chemise avant de lui faire un délicieux massage afin qu'il se détende. Autrefois quand il était vraiment mien et que j'étais vraiment sienne...
    A présent la monotonie s'était installée dans notre couple et le romantisme avait claqué la porte. Toutefois je savais que j'étais quand même sienne et qu'il était quand même mien.
    Aristide et moi nous sommes rencontrés à une édition du salon du livre à Abidjan et c'est notre passion commune qui nous a réunis. J'avais rarement vu un Africain aimer la lecture comme celui qui devînt plus tard mon homme. Il avait cette soif de connaissance qui caractérise les grands philosophes et je pouvais affirmer sans crainte de mentir qu'il était très intelligent. Aristide faisait partie de ce genre de personnes qui remettait tout en cause sans pour autant être paranoïaque. Tu lui parlais de franc maçonnerie et d'illuminatis, ils te disaient que des hommes avaient travaillé dur pour en arriver où ils étaient. Tu essayais de discuter d'un quelconque conflit à l'autre bout de la terre et il arrivait a te faire voir au delà de ce que servaient les medias. Il ne prenait jamais parti pour une cause en se basant sur les apparences mais toujours après avoir cherché le pourquoi du comment .Il avait cette envie folle selon moi de changer le monde. Il voulait faire l'histoire, être un exemple, un modèle pour les générations futures. Par dessus tout il était un grand croyant faisant de moi la femme la plus comblée qui soit. Il était mien et j'étais sienne.
    - C'était comment le boulot aujourd'hui?
    -Comme d'habitude, répondit Aristide. Des chiffres et toujours des chiffres à calculer, c'est d'un ennui...
    C'était toujours ainsi que se terminaient nos conversations depuis un certain temps. Aristide ne me parlait plus de ces journées au travail. Il avait perdu cet enthousiaste qu'il avait jadis chaque fois qu'il défendait ses idées révolutionnaires pour développer l'Afrique. Il s'était résolu à travailler derrière un bureau joliment décoré avec pour seuls compagnons des chiffres, toujours des chiffres. Je me sentais un peu coupable de ce changement. J'avais l'impression que mon apparition dans sa vie avait bouleversé tous ses projets. Que dis-je! Ce n'était pas une impression c'était la réalité. Depuis quelques années j'étais sienne et il était mien alors ses rêves étaient loin.
    Après le dîner Aristide alla border Franck et vînt me rejoindre dans notre chambre à coucher. Je lisais à ce moment la "l'étranger" d'Albert Camus. Mon bien aimé sourit en me regardant et alla prendre sa douche. Je savais que j'aurais à ranger mon roman dans quelques instants. Aristide après sa douche serait venu me serrer dans ses bras et il m'aurait demandé pourquoi je lisais ce roman que j'avais déjà lu plus d'une dizaine de fois. Je lui répondrais par un baiser et nous aurions passé la nuit à froisser les draps car dans ce lit il aurait été mien et j'aurais été sienne.
    J'étais encore dans mes pensées quant à la nuit d'amour qui m’attendait lorsque son téléphone portable signala un message. Ce n'était pas dans mes habitudes de fouiner mais ce jour là, je me suis risquée à lire ce qui ne m'était pas autorisée.
    "Mon amour tu me manques déjà. J'espère que tu as fais un bon voyage. Passe une bonne nuit."
    Mon cœur fit un bond dans ma poitrine après avoir lu ce message. J'avais mal certes mais je ne pouvais crier ma douleur et cela me faisait encore plus souffrir. Aristide avait renoncé à ses rêves parce qu'il avait en horreur le scandale. Il avait toujours été un modèle de vie jusqu'à ce que j'entre dans sa vie. Entre l'amour et une Afrique meilleure, il avait choisi d'être égoïste. Il m'avait choisi moi alors je ne pouvais pas me plaindre. J'étais sienne et il était mien mais personne ne devait le savoir. J'étais sienne et il était mien mais elle était l'épouse légitime stérile et j'étais la maîtresse qui lui avait donné un fils.
    Aristide sortit de la douche et m'embrassa une fois installé dans le lit. Il n'était là que pour une semaine pendant laquelle elle le croyait à l'extérieur du pays. Il était là à mes côtés me donnant tout ce que je désirais. Il était la me faisant sienne et se faisant mien. Il m'aimait; peut être pas avec la même intensité qu'au début mais pour moi il avait bafoué les règles de sa religion. Il était là me couvrant de cadeaux et de mots doux. Il était mien et j'étais sienne mais jamais nous ne formerions qu’un.