mardi 1 octobre 2013

CAUSERIES AUTOUR D'UN BABY-FOOT



La semaine avait été plutôt harassante mais un tour à la salle de sport et les deux amies Josiane et Audrey se sentaient mieux. Cela faisait un bon bout de temps qu’elles avaient abandonné les exercices et reprendre leurs séances hebdomadaires de sport leur faisait beaucoup de bien.

-          Et si on allait faire une partie de babyfoot ? Il y a bien longtemps que je t’ai foutu une raclée à ce jeu.

-          Hum Audrey, est ce que tu es capable de maintenir ton gardien dans les buts avant d’espérer gagner ne serait-ce qu’un match contre moi ?

-          C’est ce qu’on verra tout à l’heure très chère.

Serviettes au cou elles se dirigèrent vers la salle de jeu qu’abritait le centre de sport du quartier de Josiane. L’employé de ladite salle était content de retrouver ces deux femmes car leurs bavardages sur leurs vies intimes lui permettaient d’oublier la monotonie de son travail. En effet chaque fois que Josiane et son amie se retrouvaient autour de ce jeu elles oubliaient qu’il y avait du monde autour et se livraient à de véritables confessions un tantinet bruyantes sur leurs vies privées respectives.

-          Alors chérie comment va François ton nouvel amoureux?

-          Oh très bien Josy. Hier il m’a offert une belle montre sertie de diamants, hum une merveille ma copine. C’est vrai qu’il est dans un petit club mais il est issu d’une famille tellement aisée que son salaire de footballeur ne représente que des miettes pour lui.

-          Tu as beaucoup de chance. Toi au moins tu as pêché un gros et bon poisson. Quant au mien Dieu seul sait ce qu’il me fait subir dernièrement.

-          Eh ne t’inquiète pas Josy, ils sont tous comme cela une fois qu’ils ont obtenu ce qu’ils veulent. Regarde toi Josiane, tu es belle, jeune et surtout indépendante financièrement. Des hommes à la recherche d’une femme comme toi on les ramasse à la pelle dans Abidjan.

-          Je sais Audrey mais cela n’empêche pas le fait que je ne veux pas de n’importe quel homme. Rappelle-toi la promesse que nous avons faite toutes petites.

-          EPOUSER UN FOOTBALLEUR.

-          Tu vois ? Je veux bien perdre Marc mais aurais-je la chance d’avoir un footballeur encore une fois ?

-          Je vois je vois. Mais tu sais les stars du foot sont aussi très sollicitées par les jeunes filles de ce pays et même d’ailleurs. Je rencontre plusieurs difficultés avec François malgré ce qui parait. Figure toi que dernièrement j’ai défiguré Annie la Barbie du lycée qui courait après les gars des autres. Elle avait osé se mettre sur mon terrain mais en tout cas elle saura désormais à qui s’en prendre.

-          Ah bien fait pour elle ! Il y a bien longtemps que je voulais la corriger depuis l’histoire avec le métisse de terminale.

-          Ce goujat la ? Il n’en valait pas la peine de toutes les façons tu valais et continue de valoir mieux que lui.

-          CASSA MOULER ! s’exclama Josiane. 

-          Ah ! Je suis en train de te parler et puis tu marques comme ça ? Moi qui voulais te proposer un diner a quatre pour que François te présente à l’un de ses amis. Ce n’est plus la peine.

-          Ah Audrey toi aussi, ce n’est pas parce que je te gagne que tu vas gâcher mon bonheur. Pardon programme ça rapidement parce que j’en ai marre de ce Marc qui cherche à battre le record du plus grand nombre de slips féminins ôtés.

-          D’accord attends que j’appelle François d’ailleurs il devait passer me prendre ce sera l’occasion pour vous de faire connaissance.

-          Hum dans quel club tu as dit qu’il jouait déjà ? Il faut vraiment que je commence à regarder le foot si je veux m’attraper un autre de ces sportifs. A part les matchs de FC Vanou le club de Marc je ne m’intéresse pas tellement aux compétitions.

-          Ah tu devrais hein, le téléphone sonne…Allo ! Mon Baby-foot préféré je t’attends à la salle de sport, tu arrives dans combien de temps ?

-          ….

-          D’accord à toute l’heure mon amour.

Josiane rangea ses effets et se retourna vers son amie quand celle-ci raccrocha le téléphone.

-          Ah Audrey tu appelles ton gars Baby-foot comme moi ?

-          Hum ma chère il aime que je l’appelle comme ça oh. Tiens le voilà qui arrive il était dans les parages.

Marc François approcha et fut surpris de découvrir Josiane et Audrey ensemble à la salle de sport. Il ignorait que ses deux conquêtes se connaissaient et ne pouvait plus rebrousser chemin.

-          Audrey, c’est ton Baby-foot qui est là ?

-          Oui Josiane pourquoi ?

-          Parce qu’aux dernières nouvelles c’est Marc mon Baby-foot à moi.



Cassa Mouler : Expression ivoirienne pour désigner un superbe but au baby-foot.