mercredi 21 janvier 2015

Cauchemars En Série !

Illustration par Tatou Dembele

Je me souvenais encore des alertes que lançait le curé de la paroisse Saint Marc cinq ans auparavant. « Faites attention à vos enfants et à vous-même. Ne passez pas par des endroits obscurs tous seuls, surtout les jeunes filles. Avec les fréquents enlèvements qu’il y a eu dernièrement, mieux vaut être prudent. » Et pourtant je me retrouvais à cette heure indue de la nuit dans une ruelle réputée pour avoir été le lieu de bon nombre de kidnappings. Je venais de terminer la messe anticipée du Samedi et c’est ce raccourci que j’avais décidé d’emprunter comme je le faisais depuis plus de trois ans. Maintes fois, mes amies m’avaient déconseillée ce chemin, mais à chacune de leurs plaintes, répondait un haussement d’épaules désinvolte. « Ne vous déplacez qu’en groupe lorsque vous devez rentrer chez vous les soirs, ne laissez pas vos enfants partir tous seuls à la boutique, même si elle se trouve à cinq mètres de la maison. » Tous ces conseils bien qu’utiles n’avaient pas empêché le drame de se produire…

L’homélie du prêtre avait porté sur l’amour du prochain et le pardon. Comme il y a de cela quelques années il nous a aussi invités à la prudence, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Lorsque j’empruntai une énième fois ce couloir, je ne m’attendais pas à tomber nez à nez avec cet homme qui tirait par la force Kitana, la fille de ma voisine. Une lueur macabre brillait dans ses yeux, perceptible malgré le mauvais éclairage du couloir. Il se fit de plus en plus menaçant à mon approche et resserra son étau autour du poignet de Kitana. Je me demandais ce qu’elle faisait dehors à cette heure, mais cette question laissa rapidement place à l’imminence du danger. Ce n’était même plus Kitana que j’apercevais. À travers cette scène, je voyais mon propre enfant luttant pour rester auprès des siens. Tout à coup les images se firent plus claires dans mon esprit. L’homme devant moi circulait beaucoup dans le quartier bien que n’y habitant pas. Il avait l’habitude de s’asseoir à l’aire de jeux où les enfants jouaient au football…

Je trainais depuis longtemps une sourde colère tenant compagnie à une tristesse sans nom. Cette tristesse qui me suivait telle mon ombre depuis le jour que j’ai perdu Donikan. Chaque nuit je revoyais son sourire, les fossettes qui creusaient joliment ce tendre visage trop tôt enlevé au cocon familial. Son petit corps frêle m’apparaissait, gesticulant dans le quartier, tapant dans un ballon de foot avec ses petits camarades. Puis comme un cauchemar surgissaient tous ces petits corps dénués du moindre souffle de vie, mutilés pour servir des desseins malsains. Pendant longtemps je me suis demandée si c’était des êtres humains qui commettaient de telles atrocités. Pour le pouvoir, la richesse, ils étaient nombreux à endeuiller des familles en leur arrachant ce qu’ils ont de plus précieux.

Malgré les cinq longues années qui s’étaient écoulées, j’avais l’impression de tout revivre à nouveau. Et pour cause, les élections approchaient, et des enfants ainsi que de nombreuses jeunes filles disparaissaient. - Il faut croire que la jeunesse et la gent féminine est beaucoup appréciée par les esprits malins qui se cachent derrière tous ces sacrifices humains.- À nouveau tout le monde était aux aguets, surtout chez le petit peuple. Les rumeurs disaient que c’étaient des autorités, des « grands types », qui étaient à l’origine de cette macabre chasse à l’homme car ils devaient consolider leurs positions après les élections. Et comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle race de prédateurs avait vu le jour depuis quelques années. 

Ils avaient commencé par arnaquer les Européens sur internet - soit disant pour se faire rembourser la dette coloniale-. Sans tenir compte de la mauvaise propagande qu’ils faisaient de leur pays, ils se sont ensuite attaqués à tout le monde y compris aux Africains - surement cette fois pour venger les esclaves vendus par leurs propres frères pendant la traite négrière- … Ceux que l’on appelle brouteurs faisaient donc partie de ceux dont on devait se méfier au risque de perdre un proche ou sa propre vie. Lorsque les pigeons se faisaient rares, ces bovidés amateurs de chair humaine détruisaient des vies sur les recommandations de leurs charlatans. Pour être riche dans certaines sphères, il fallait offrir des organes humains aux génies…

Lorsque je vis la lame du couteau briller dans le noir, ma main avait déjà saisi mon revolver et s’en était suivi un bruit sourd. L’homme était à terre, touché à l’épaule et avait lâché l’arme blanche. La petite avait crié avant de courir se mettre derrière moi. Il me regardait, se trainait, gémissait de douleur et me suppliait de le laisser vivre.

-          Je vous en prie, c’est la misère qui m’a conduit sur ce chemin. Je t’en prie je ne recommencerai plus. 

-          Écoutais-tu les supplications de cette fillette il y a de cela quelques minutes ? M’aurais tu épargnée la vie si tu en avais eu l’occasion ? Vous êtes tous pareils, des monstres qui ne méritez pas de vivre.

Je m’apprêtais à tirer lorsque j’aperçu au loin surplombant les habitations, un panneau publicitaire affichant « Alerte enfants en détresse appelez le 116. » À quelques encablures de là se trouvait également la gendarmerie d’un côté et le commissariat de police de l’autre. Le coup de feu aurait dû alerter quelques curieux dans les minutes suivantes. J’aurais pu attendre que la justice fasse son travail. Mais devant moi, se succédaient les différents cadavres d’enfants que j’avais du identifier à la recherche de mon fils. 

Face à ce criminel sous mes yeux, se superposait l’image du lit vide de Donikan. Le rêverais-je un jour ? Finirais-je par savoir ce qu’il est advenu de mon bien aimé ? Pourquoi ne devrais-je pas me faire justice ? Pourquoi ne pas lui faire payer pour les crimes qu’il a commis et qu’il commettra surement si jamais les forces de l’ordre ne font pas correctement leur travail ? Tandis que j’ajustais mon arme pour faire feu, des gouttes de pluie me tombèrent sur le visage…ou plutôt des perles de sueur après avoir encore fait le même cauchemar. Je me réveillai en sursaut. À mes côtés, dormait ce petit être fragile qui illumine mes journées. Je le serai dans mes bras en ayant une pensée pour ces familles endeuillées par des êtres sans vergogne...



jeudi 15 janvier 2015

Les Conseils d'Aleph


Pour mon premier article de 2015 j’aurais voulu écrire quelque chose de spécial. À la base je voulais traduire cet article mais j’avoue que ce n’est pas toujours évident de passer de l’anglais au français. Lorsque je suis inspirée à écrire dans une langue, je peine très souvent pour retranscrire les mêmes idées, sentiments dans l’autre. Mais je vais essayer et ça commence aujourd’hui avec cet autre article que j’ai écrit sur Ayelive.

Je vais donc vous parler de ce que j’ai retenu lorsque j’ai lu Aleph de Paulo Coelho. Comme je le disais à une amie, notre appréciation d’un livre est souvent influencée par ce que nous traversons dans notre vie lorsque nous le lisons. En effet, ce que nous avons vécus ou ce par quoi nous passons peut affecter la façon dont nous lisons, aimons et comprenons un livre. C’est le constat que j’ai effectué lorsque j’ai relu Aleph de Paulo Coelho. La première fois, ce roman m’a très vite ennuyé et est alors retourné rejoindre la pile des livres non-lus sur mon étagère. Bien que je ne le classe toujours pas parmi mes livres préférés, la deuxième tentative a été la bonne et m’a permise de retenir de grandes leçons que je voudrais partager avec vous.

1-     Nous sommes ce que nous désirons être.

Pour moi, la meilleure illustration de cette première leçon est la relation parent-enfant. Certains enfants sont prêts à reporter ou même abandonner leurs rêves au profit de la carrière professionnelle que leurs parents souhaitent pour eux. Finalement, bon nombre de personnes finissent par faire un travail qu’ils détestent et qui les rend malheureux. Ils passent alors leur temps à se plaindre du choix que leurs parents les auraient « forcés » à faire.  Paulo Coelho dit que « Nous ne sommes pas ce que les gens désirent que nous soyons. Nous sommes ce que nous désirons d’être. Culpabiliser les autres c’est toujours facile. Vous pouvez passer votre vie à rendre le monde coupable mais vos succès ou vos échecs sont de votre entière responsabilité. »

2-     Prenez des risques et faites ce que vous désirez

Il y aura toujours des gens pour médire de vous peu importe ce que vous faites. Même les grands messagers tels que Muhammad, Jésus et Moise (paix et bénédiction d’Allah sur eux) n’ont pas fait l’unanimité alors c’est évident que nous ne pouvons en aucun cas plaire à tout le monde. Étant des êtres humains, nous serons amenés à échouer dans certaines entreprises. Toutefois, il est important pour tous, d’appliquer ce conseil de Coelho. « Ne vous laissez pas intimider par l’opinion des autres, seule la médiocrité est infaillible, alors prenez des risques et faites ce que vous désirez. Cherchez des personnes qui n’ont pas peur de se tromper et, par conséquent, commettent des erreurs. C’est pourquoi leur travail n’est pas toujours reconnu. Mais ce sont des gens de ce genre qui transforment le monde et, après beaucoup d’erreurs, parviennent à réussir quelque chose qui fera toute la différence dans leur communauté. »

3-     Visitez votre âme, au lieu de visiter votre passé

Nous avons parfois cette mauvaise habitude de nous focaliser sur ce que nous aurions pu ou  faire pour changer notre présent. Nous oublions or, devons savoir que le passé est passé et nous ne pouvons aucunement changer ce qui est arrivé. En fait c’est ce que je dis souvent lorsque je vois des amis se morfondre pour des mauvaises notes. Le plus important pour chacun d’entre nous doit être ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour changer notre situation. L’auteur dit que «Il faut un grand effort pour se libérer de la mémoire mais quand vous y parvenez, vous commencez à découvrir que vous êtes plus capables que vous ne le pensez. Visitez votre âme, au lieu de visiter votre passé. »

4-     Vivre c’est faire des expériences

Dans Aleph - qui est définit par un point où l’univers tout entier est contenu -, le narrateur a passé de nombreuses années à observer et essayer de comprendre son environnement; à apprendre des théories sur la vie et la spiritualité. À un moment de sa vie, il s’est senti frustré, engagé dans une routine qui ne le menait nulle part. Alors que le doute commençait à s’installer quant  à la voie qu’il suivait, son maitre J. l’a convaincu d’expérimenter quelque chose de nouveau. Aleph relate le voyage de Paulo Coelho pour se redécouvrir. Ce voyage l’a conduit à parcourir 9288 kilomètres à bord du Transsibérien et par la même occasion à en apprendre plus sur lui-même et les autres. Tout comme moi la première fois que j’ai lu ce livre, certaines personnes le trouveront surement ennuyeux ou difficile à lire au début. Mais s’il n’y a qu’une seule chose que nous devions retenir d'Aleph, ce serait que « Vivre c’est expérimenter et non penser au sens de la vie. »



lundi 29 décembre 2014

Rendez-vous au prochain wagon !

Andrée Fayçallyne Thes

J’ai toujours su que tu finirais par partir. Un homme comme toi n’était pas fait pour rester en un seul endroit. Tu étais nomade quand bien même issu d’un peuple sédentaire. Ton voyage en soi est supportable mais c’est le fait d’imaginer que je ne reverrai plus ton sourire qui m’attriste. Tu avais le don de m’agacer parfois alors que tu ne cherchais qu’à me taquiner. Tu avais cette façon spéciale de dire « Mimi »… un son particulier qu’en cette nuit j’entends résonner en boucle. Bras dessus bras dessous, c’est l’image que je garde de nous sillonnant des routes de Yopougon.

Il fut une période pendant laquelle ma meilleure amie me disait : « Édouard, Édouard, tu n’as plus que ce nom à la bouche ». Quoi de plus normal, lorsqu’ à cette époque tu étais celui qui me faisait toujours rire. À qui voulait l’entendre, je racontais mes journées passées dans ton quartier. Toi et moi savions qu’il ne s’agissait que d’amitié. D’ailleurs, tu savais surement pour qui j’avais le béguin à l’époque. Je ne suis pas une amie facile et pourtant jamais tu n’as eu un mot plus haut que l’autre à mon encontre. Lorsque le sort cruel s’acharnait sur toi, ton sourire camouflait tes larmes et ton humour faisait office d’armure. Comme toi je me suis découverte une âme de voyageuse. Seulement je pensais que comme moi tu étais de ceux qui revenaient toujours à la maison.

Je ne sais plus à quand remontent nos derniers fous rires. Cela fait peut-être plus d’un an que je t’ai vu. En grandissant, nous avons pris diverses routes. Les mentalités changent, les objectifs ne sont plus les mêmes avec l’âge. Je te trouvais à présent insouciant et peut être m’aurais tu traitée de snob aujourd’hui. Cela faisait belle lurette que nos discussions se faisaient rares mais je pensais te retrouver à mon retour. Au fond tout comme les autres, je te prenais pour acquis. Je savais que tu étais de ceux qui découvraient de nouveaux horizons mais je ne pensais pas que tu partirais si loin et si tôt.

Je n’ai pas éclaté en sanglots en apprenant ton départ. Ce sont des larmes silencieuses qui ont accueilli le coup. Au défilé grotesque d’hommages à ton égard, vient s’ajouter cet article qui vient trop tard. C’est vrai que personne ne restera…Toutefois j’aurais préféré recevoir un coup de fil m’annonçant ton départ comme tant d’autres, sur un bateau chargé de rêves. Plutôt que d’apprendre sur Facebook que les flots t’avaient emporté. Toi qui étais toujours joyeux, c’est un bien triste noël que tu laisses à tes proches.


Paulo Coelho dit dans Aleph que ce que nous appelons « vie » est un train avec de nombreux wagons. Parfois nous sommes dans l’un, parfois dans l’autre. Alors je prie que Dieu ait pitié de ton âme, et nous permette de nous retrouver dans ce wagon où tu as entamé la suite du voyage. Je te préviens, je veux la place à côté de la fenêtre…

mercredi 17 décembre 2014

Martyres pour quoi ?

 Illustration par Saraï D'Hologne
Couchée sur mon lit, toute seule, et me tordant de douleur, je t’imagine te prélassant dans ton jardin de délices. À tes côtés, l’homme de ta vie. Celui dont tu n’as pas eu besoin de rêver pour voir tes désirs exaucés.  Tu devais avoir fière allure pendant que tu profitais de ton statut de privilégiée. Qu’est-ce que ça fait d’être parmi les premiers, de faire partie du top des tops ? Ne me dis rien ! Tu devrais ensuite me raconter ce que tu vis à présent et j’ai bien trop mal pour écouter des lamentations. J’aurais évidemment aimé savoir ce qui s’est passé, enfin… avoir ta version des faits. Seulement ni toi, ni moi ne savons quand est ce que nous nous rencontrerons si jamais cela devait se produire. J’en ai entendues des choses à ton sujet et j’en ai surtout lues. Une histoire pas très flatteuse mais j’essaie de ne point te jeter la pierre car j’honorerai mon père et ma mère.  

Je ne suis pas de ces enfants qui affublent leurs mères indignes de noms d’oiseaux, les jugeant responsables de tous leurs maux. À ta place une autre aurait peut-être fait la même chose alors quelque part je suis soulagée que ce fut toi plutôt que moi. Certaines t’accusent de nous avoir vendues à vil prix, d’être une traitresse. Ne leur en veux pas mais essaie plutôt de comprendre leur colère. Maman, c’est ainsi que nous devrions t’appeler. Et pourtant… Il est difficile pour la plupart d’entre nous de voir en toi un modèle.

C’est vrai que tout au fond d’elles, il y en a qui sont justes soulagées de pouvoir nommer leurs souffrances. C’est vrai que parfois elles oublient que l’esprit est fort mais que la chair est faible. C’est aussi vrai que nous n’étions pas présentes au moment T, à l’instant précis où tout cela s’est passé pour comprendre quelles ont été tes motivations. Tu nous les aurais peut-être expliquées si tu en avais eu l’opportunité afin que nous comprenions ce qui nous arrive et surtout pourquoi. Seulement la parole ne t’a pas été donnée et nous nous contentons de croire en ce qui a été dit, écris.

De ce que j’ai lu, tu avais pour toi une liberté peut être pas totale, mais une indépendance à laquelle nul ne peut prétendre aujourd’hui. Tu étais une reine, bénie avant d’être. Malheureusement, comme toutes les épouses de Barbe Bleu, la curiosité aura eu raison de toi. On dit qu’à la tentation tu as succombé et dans l’abime tu nous as tous entrainés. J’aurais voulu ne pas y croire. J’aurais voulu dire à certains que tu as aussi été une victime, mais la vérité est que j’ai des doutes.  

Quand les douleurs de l’enfantement se prononcent, quand les dysménorrhées se font de plus en plus violentes, certaines, la plupart, et même moi (qui essaie tant bien que mal de te comprendre), ne pouvons-nous empêcher de penser que c’est pour une pomme aussi succulente fut-elle que nous souffrons le martyr. Maman Ève, j’ai mal.  

dimanche 30 novembre 2014

Tant que le coeur bat...


Les histoires de sorcellerie sont courantes dans certaines régions de l’Afrique. Je me souviens encore de quelques anecdotes que ma tante me racontait au sujet d’enfants sorciers démasqués par une voyante nommée Massandjé. Ces histoires m’ont toujours semblé vraies car l’Afrique est réputée pour ses mystères. Toutefois, il arrive parfois que la vie de quelqu’un soit gâchée par des révélations mensongères de pseudo prophètes ou autres mystiques.

J’ai toujours plaisir à partager des histoires d’espoir, des exemples vivants de réussite qui nous prouvent que la vie est pleine de rebondissements. L’on peut naitre dans une famille aisée et se retrouver du jour au lendemain à la rue sans rien n’y personne. Tout comme l’on peut passer de la rue aux tapis rouges des Oscars.

J’ai récemment découvert l’histoire de Rachel Mwanza à travers son passage à TEDxParis. Traitée de sorcière et accusée d’être la responsable de tous les maux de sa famille, Rachel a dû survivre dans la rue. Sa vie témoigne des dégâts que peuvent causer le manque d’éducation, les superstitions africaines, mais surtout la pauvreté. Toutefois, le but de Rachel n’est pas de susciter la pitié des uns et des autres. Bien au contraire, elle est porteuse d’une histoire, d’un message qui interpelle chacun de nous : TANT QUE LE CŒUR BAT TOUT EST POSSIBLE et un conte de sorcière peut un jour devenir un conte de fée.

Nul besoin de vous conter son histoire quand elle-même le fait si bien…


dimanche 23 novembre 2014

Je viens de lire Purple Hibiscus !





À chaque fois que je lis un livre magnifique, j’ai envie de ne pas l’avoir lu (Je ne suis pas folle). Pourquoi ? Tout simplement parce que j’aimerais tellement le lire à nouveau et revivre les mêmes émotions, la sensation de la première fois... Tout comme ce fut le cas lorsque je découvrais Les erreurs de Maman de Jocellin Kalla ou encore La fille de Papier de Guillaume Musso, j’ai juste envie de relire Purple Hibiscus de Chimamanda Ngozi Adichie.

A des milliers de kilomètres de mon continent, j’ai pris plaisir à découvrir des similarités entre les peuples africains. C’est avec le sourire que je me remémorais certaines scènes au village, à l’église, en famille…

Purple Hibiscus est une histoire racontée par Kambili, adolescente fragile qui découvre l’amour sous une soutane mais surtout une jeune fille mentalement oppressée. Dans la famille de Kambili, il n’y a pas de place pour les rires face à l’absurde fanatisme religieux de son père. Toutefois, une chose est à noter : Eugene le chef de famille n’est pas foncièrement mauvais. Comme le dit Chimamanda elle-même lors d’une interview, il existe des personnes généreuses qui pourtant au nom de la religion font des choses affreuses. J’ai envie de rajouter comme le prêtre Amadi que certaines choses arrivent sans qu’on ne puisse vraiment comprendre le pourquoi.

Ce roman évoque la religion, l’amour, la famille, mais aussi la politique africaine. Mes personnages préférés sont Amaka et Obiora son jeune frère. D’un côté une jeune fille fortement attachée à sa culture au point de refuser la confirmation qui nécessite qu’elle choisisse un nom « chrétien ». De l’autre un frère plus mature que ne l’exige son âge et qui bien qu’attaché à son peuple aspire à vivre aux États Unis car déçu par la politique de son pays.
Credit photo : The Guardian
J’ai particulièrement aimé les prénoms des personnages typiquement africains, les expressions typiquement africaines et toutes les coutumes vous l’aurez deviné… typiquement africaines. J’avais juste envie de me retrouver à Komborodougou ou à Ferké et d’apprendre l’histoire de mon peuple auprès des anciens.

J’ai fait l’effort de ne pas vous offrir un résumé étendu de l’œuvre et de cacher un tant soit peu à quel point je l’ai apprécié. Selon moi lorsque l’on barde un livre d’éloges, le lecteur se préoccupe plus de ressentir l’œuvre comme elle lui a été contée plutôt que de la vivre avec ses propres émotions.

Je vous invite par conséquent à découvrir Purple Hibiscus à travers vos propres yeux ou ceux de Kambili. 

samedi 22 novembre 2014

Greg...




Malgré son humour vache, il est celui qui me fait rigoler dans toutes les situations. Ses plaisanteries déplacées et même son arrogance n’ont de cesse de me faire sourire. Je l’aime. Ah oui je l’aime. Quand bien même il serait avare en sentiments. Quand bien même il aurait du mal à dire aux autres à quel point il tient à eux. Surtout quand bien même il refuserait de partager ses souffrances internes, moi je l’aime. Ses blagues racistes ne me choquent pas. Je le sais ainsi fait, sarcastique avec une pointe de cynisme dans chacune de ses phrases. Blessé il l’est, aussi bien physiquement que psychologiquement. Et pourtant, il trouve toujours le moyen de renverser la vapeur. Il a ce don qui lui permet de se sortir des situations les plus cocasses mais aussi les plus dangereuses. Il a surtout ce charme qui fait de lui quelqu’un de particulier.

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 Je l’aime le Docteur Gregory House. Et si vous ne l’avez pas encore rencontré mais que vous aimez bien les cyniques sarcastiques (sarco-cynique) alors dépêchez-vous car vous allez l’apprécier. 



lundi 17 novembre 2014

Ta Douce Mélodie !



 Illustration par Saraï D'Hologne

« Les étoiles plein les yeux je suis. C’est si bon d’entendre des paroles douces, des hymnes de tendresse. Aucun mot ne me vient à l’esprit pour définir ce que je ressens. Mon vocabulaire tarit face au bonheur qui m’habite. Pendant ce moment spécial, je ne pense plus aux peines du passé, et encore moins à celles à venir. J’impose le silence aux inquiétudes de ma raison afin d’écouter uniquement le rythme saccadé de mon cœur. Je vis l’instant T, ce moment où tout semble beau. Je prends plaisir à écouter ta voix, tes mots, ton rire…ta mélodie. Mon seul regret est de ne pouvoir te serrer dans mes bras et te dire à quel point je t’aime. Les autres ne comprennent pas mon amour... ils ne te comprennent pas…

Comment tombe-t-on amoureuse d’une voix ? C’est la question que certains se posaient sans oser me le demander de vive voix. Mais leur regard les trahissait. Je le sentais dans chacun de leurs sourires crispés quand je parlais de toi. Je le sentais dans les discussions enflammées qui s’estompaient à mon approche. Mais surtout je m’en fichais. Peu m’importait qu’ils nous comprennent. Au diable, leur approbation !

Mon choix c’est toi, et ce depuis belle lurette. D’ailleurs ils ont aussi fait le leur , en essayant de nous séparer… J’ai juste mal lorsque tu te mets à douter de mon amour pour toi malgré toutes mes tentatives pour te le prouver.

-          Justement parce que j’ai des raisons d’être suspicieux. Ils ont sans doute réussi à nous éloigner l’un de l’autre. Même si j’arrive quelques fois à voler des minutes dans tes journées, ce n’est jamais assez. En plus il y a cet autre bonhomme qui ne cesse de te tourner autour.

-          Ne fais pas attention à Yves. Tu sais bien qu’il est juste un voisin. De plus c’est un malade mental doublé d’une personnalité de pervers. Rien ne pourrait se passer entre nous. D’ailleurs t’aurais-je parlé de ses avances si j’avais l’intention d’y céder ? Rien ni personne ne pourra nous séparer. Rien de plus que cette distance qui déjà me tue à petit feu. Quand est-ce que tu viendras ici ? Quand est-ce que tu viendras m’emmener loin d’eux ? Je souffre de ton absence et me languis de ta chaleur. J’aimerais tant que tu franchisses enfin ces bornes afin que je n’aie plus à les supporter.

-          C’est toujours ce que tu dis. Alors pourquoi est-ce que tu continues de lui adresser la parole à cet Yves ?

-          Arrête chéri, ne nous laissons pas aller à des disputes. Redis-moi ces mots gentils dont toi seul détiens le secret. J’ai déjà assez de peine de te savoir ailleurs pour qu’en plus je ne puisse plus bénéficier de nos moments de tendresse.

-          Tu sais bien que c’est aussi difficile pour moi de ne pouvoir te toucher.  J’ai des envies de meurtre rien qu’à imaginer que lui, a cette possibilité. Tu ignores ce que je donnerais pour être à tes cotés… Et de plus il y a ta famille, tes amis. Même si aujourd’hui tu ne les vois que très rarement, je sais qu’ils seront toujours un obstacle à notre bonheur. Et il y a ces hommes en blancs…

-          Arrête de t’en faire mon amour. Je n’ai d’ouïe que pour toi. Les autres ne sont que des voix dans le vent… mais finalement je l’avoue, des voix tout comme toi. À ce qu’il parait c’est ce que tu es aussi. Du moins c’est ce que le psychiatre m’a dit. Tu es une voix qui n’a jamais existé, alors comment cela se fait-il que tu me paraisses si réel ? Comment est-il possible que je sois tombée amoureuse d’une voix ?


« Il est l’heure de prendre vos médicaments mademoiselle Diakité. » me dit l’infirmière, tandis que mon voisin de palier est en train de recevoir sa dose quotidienne de morphine. Il a encore essayé de pincer les fesses d’une infirmière. Ici il faut respecter les règles. Alors j’avale docilement mes comprimés, ces cachets qui m’empêcheront pendant quelques heures d’entendre ta douce mélodie. 

lundi 10 novembre 2014

Cinq Leçons Pour La Vie


Il est 1 h et quelques minutes quand je referme Les cinq personnes que j’ai rencontrées la haut. Quelqu’un disait que «lire n’est pas un but mais un moyen. Il nous faut distinguer dans un livre les valeurs à se mettre pour toujours dans la tête et les passages sans intérêt – à ne pas lire si possible ou tout au moins à ne pas trainer comme un lest mutile.–»

Alors à la fin de la lecture du livre de Mitch Albom, je détermine les cinq leçons qu’Eddie a appris après sa vie ou plutôt après sa mort. J’ignore en quoi est ce que ces leçons seront encore utiles à celui qui ne fera plus jamais d’entretien…Je pense comme le dit Anne Berthod, que ce livre est surtout un joli conte moderne pour réconcilier les lecteurs avec la vie sur terre.

Eddie, responsable de l’entretien de la fête foraine Ruby Pier est mort. Eddie représente ces personnes qui à la fin de leur vie pensent l’avoir gâchée. Mais au ciel, il rencontre cinq personnes qui vont chacune nous expliquer qu’aucune vie n’est inutile.

1-      Le hasard n’existe pas

Cette première leçon pour moi n’est pas vraiment une nouvelle car les livres révélés nous apprennent que tout est déjà écrit. Eddie lui, apprend que « nous sommes tous reliés les uns aux autres. Nos vies sont tout aussi inséparables les unes des autres, que la brise l’est du vent (…) des inconnus ne sont jamais que des proches que l’on ne connait pas encore.» 

2-      Il faut faire des sacrifices

Une deuxième leçon sur laquelle la Bible, le Coran et la Thora s’accordent. Dieu nous demande le don de soi. Dans son voyage au ciel, Eddie découvre qu’on ne « doit pas regretter les sacrifices, mais plutôt y aspirer, qu’ils soient petits ou qu’ils soient grands (…) parfois quand on sacrifie quelque chose de précieux, on ne le perd pas vraiment. On se contente de le transmettre à quelqu’un d’autre. »

3-      Mieux vaut encore être loyaux les uns envers les autres

Il s’agit de la loyauté malgré la blessure, il s’agit du pardon (ais-je besoin de faire référence encore à nos livres saints ?). Eddie a emporté après sa mort le mépris qu’il éprouvait à l’égard de son père. Sa troisième personne lui enseigne que « ruminer sa colère est un poison qui nous dévore de l’intérieur. On pense que la haine est une arme dirigée contre la personne qui nous a fait du mal. Mais elle est à double tranchant. Et le mal que nous croyons faire, c’est surtout à nous même que nous le faisons. »

4-      L’amour continue d’exister même après la mort

Ici j’ai envie de faire un clin d’œil au groupe Sexion d’Assaut dans leur chanson avant qu’elle parte
Parfois nous perdons un être cher mais en vérité l’amour que nous éprouvons demeure. « Il prend une autre forme, c’est tout. On  ne peut plus voir le sourire de ceux que l’on aime (…)  ni les faire danser. Mais quand ces sensations-là s’effacent, d’autres les remplacent. La mémoire. C’est la mémoire alors qui devient notre compagne. Et on la nourrit (…) Pour finir, c’est avec elle que l’on danse. »

5-      Tu es quelqu’un, tu es important

Parfois nous nous sentons inutiles. D’ailleurs c’est souvent à cause du rôle que la société nous accorde eut égard à notre métier ou à un quelconque rang social. Je me souviens de cette histoire du primaire dont la morale est qu’il n’y a pas de sot métier. C’est ainsi que tous autant que nous sommes, avons notre place dans la société. « Aucune vie ne se déroule en vase clos, elles se chevauchent toutes et le monde est plein d’histoires qui, au bout du conte finissent par n’en plus former qu’une seule. »

Fin.

Pour ceux qui préfèrent les films aux livres, on a pensé à vous. La bande originale du film est disponible ici. 


vendredi 7 novembre 2014

AyeLive...Nouveau blog


Je pense comme plusieurs personnes que cela doit être sympa de pouvoir faire ce qu’on aime et d’en vivre. Je vois autour de moi des gens qui ont l’air heureux, qui ont l’air de s’amuser plus que de travailler et j’avoue que j’en suis jalouse. Cyriac Gbogou, ce tonton initiateur du free jumping, sautons partout est l’une de mes références. Il travaille, et il fait d’ailleurs de l’excellent boulot (ce n’est pas un athlète hein) mais il prend surtout du bon temps en gagnant de l’argent et en aidant son prochain. Ensuite j’ai découvert le blog d’Israel Yoroba. De nom je le connaissais déjà mais je suis tombée sous le charme de sa plume à chacun de ses articles. Il y en a encore d’autres mais ce sont surtout ces deux-là qui m’ont le plus marqué.

La majeure partie des personnes à succès recommandent de pratiquer un métier dans le domaine qui nous passionne. Pour certains dans la phrase « vivre grâce à ce que l’on aime », c’est le moyen de gagner de l’argent qui est difficile. Pour moi, il faut déjà que je trouve ce que j’aime. Depuis que ma grande sœur a offert le livre Les erreurs de maman de Jossellin Kalla a notre génitrice et que cette dernière nous en a fait un résumé, je me suis connue une passion pour la lecture. J’aime donc lire depuis ma tendre enfance. J’avoue toutefois que la fréquence de mes flirts littéraires a considérablement baissé au fil des années. Ensuite, si l’expression écrite était l’un de mes devoirs préférés a l’école primaire, c’est surtout en 3e que je me suis découverte un amour pour l’écriture. Malgré tout cela, je ne suis pas prête à me lancer dans une carrière d’écrivaine ou de journaliste. Quelles en sont les raisons ? Je pourrais émettre quelques hypothèses à ce sujet.

-          L’appréhension de la réaction d’un père qui a toujours rêvé d’une carrière scientifique pour sa fille (Mais bon je n’ai jamais abordé le sujet)

-          La peur de la page blanche

-          L’appréhension de la critique.

Enfin, je crains aussi de ne plus finalement aimer l’écriture après quelques mauvaises expériences. Mais en ce mercredi 5 novembre, je prends une décision. Celle de faire quelque chose de nouveau en permanence. Qu’il s’agisse de rencontrer de nouvelles personnes, de nouveaux endroits ou tout simplement d’expérimenter de nouvelles activités. Et j’espère vraiment me tenir à cette promesse et découvrir enfin ma passion avant d’envisager d’en faire profit. C’est ainsi que mon premier article sur AyeLive a été rédigé.