jeudi 27 juin 2013

IL ETAIT MIEN ET J'ETAIS SIENNE





  • Aristide est rentré à la maison aux environs de 22h. Franck notre fils a couru dans ses bras comme à son habitude. J'aimais voir les deux hommes de ma vie réunis. La flamme qui brillait dans les yeux d'Aristide chaque fois qu'il prenait Franck dans ses bras me donnait envie de lui donner un second fils. Malheureusement nous avions tout essayé mais les anglais débarquaient chaque mois comme s'ils se préparaient à reconquérir l'Amérique. Je désespérais de voir un jour un nouveau né qui meublerait mes nuits de ses cris. Les médecins m'avaient déclarée saine et apte à porter une seconde grossesse sans le moindre risque. Les féticheurs et autres charlatans n'avaient pas trouvé de solution à mon problème alors j'ai fini par me décourager.
    - Ca va chérie? Me demanda t-il après avoir déposé notre fils.
    - Oui oui et toi mon amour?
    -Oh tu sais quand ca va chez toi alors ça va chez moi.
    - Assieds-toi que je t'apporte à manger.
    Cela faisait trois ans que Franck était né et j'avais perdu mes habitudes avec Aristide; je n'étais plus la femme aimante qu'il avait connu à nos débuts. Il ne s'en plaignait pas mais je savais bien que j'avais changé, peut être par lassitude. Autrefois, je l'aurais débarrassé de sa chemise avant de lui faire un délicieux massage afin qu'il se détende. Autrefois quand il était vraiment mien et que j'étais vraiment sienne...
    A présent la monotonie s'était installée dans notre couple et le romantisme avait claqué la porte. Toutefois je savais que j'étais quand même sienne et qu'il était quand même mien.
    Aristide et moi nous sommes rencontrés à une édition du salon du livre à Abidjan et c'est notre passion commune qui nous a réunis. J'avais rarement vu un Africain aimer la lecture comme celui qui devînt plus tard mon homme. Il avait cette soif de connaissance qui caractérise les grands philosophes et je pouvais affirmer sans crainte de mentir qu'il était très intelligent. Aristide faisait partie de ce genre de personnes qui remettait tout en cause sans pour autant être paranoïaque. Tu lui parlais de franc maçonnerie et d'illuminatis, ils te disaient que des hommes avaient travaillé dur pour en arriver où ils étaient. Tu essayais de discuter d'un quelconque conflit à l'autre bout de la terre et il arrivait a te faire voir au delà de ce que servaient les medias. Il ne prenait jamais parti pour une cause en se basant sur les apparences mais toujours après avoir cherché le pourquoi du comment .Il avait cette envie folle selon moi de changer le monde. Il voulait faire l'histoire, être un exemple, un modèle pour les générations futures. Par dessus tout il était un grand croyant faisant de moi la femme la plus comblée qui soit. Il était mien et j'étais sienne.
    - C'était comment le boulot aujourd'hui?
    -Comme d'habitude, répondit Aristide. Des chiffres et toujours des chiffres à calculer, c'est d'un ennui...
    C'était toujours ainsi que se terminaient nos conversations depuis un certain temps. Aristide ne me parlait plus de ces journées au travail. Il avait perdu cet enthousiaste qu'il avait jadis chaque fois qu'il défendait ses idées révolutionnaires pour développer l'Afrique. Il s'était résolu à travailler derrière un bureau joliment décoré avec pour seuls compagnons des chiffres, toujours des chiffres. Je me sentais un peu coupable de ce changement. J'avais l'impression que mon apparition dans sa vie avait bouleversé tous ses projets. Que dis-je! Ce n'était pas une impression c'était la réalité. Depuis quelques années j'étais sienne et il était mien alors ses rêves étaient loin.
    Après le dîner Aristide alla border Franck et vînt me rejoindre dans notre chambre à coucher. Je lisais à ce moment la "l'étranger" d'Albert Camus. Mon bien aimé sourit en me regardant et alla prendre sa douche. Je savais que j'aurais à ranger mon roman dans quelques instants. Aristide après sa douche serait venu me serrer dans ses bras et il m'aurait demandé pourquoi je lisais ce roman que j'avais déjà lu plus d'une dizaine de fois. Je lui répondrais par un baiser et nous aurions passé la nuit à froisser les draps car dans ce lit il aurait été mien et j'aurais été sienne.
    J'étais encore dans mes pensées quant à la nuit d'amour qui m’attendait lorsque son téléphone portable signala un message. Ce n'était pas dans mes habitudes de fouiner mais ce jour là, je me suis risquée à lire ce qui ne m'était pas autorisée.
    "Mon amour tu me manques déjà. J'espère que tu as fais un bon voyage. Passe une bonne nuit."
    Mon cœur fit un bond dans ma poitrine après avoir lu ce message. J'avais mal certes mais je ne pouvais crier ma douleur et cela me faisait encore plus souffrir. Aristide avait renoncé à ses rêves parce qu'il avait en horreur le scandale. Il avait toujours été un modèle de vie jusqu'à ce que j'entre dans sa vie. Entre l'amour et une Afrique meilleure, il avait choisi d'être égoïste. Il m'avait choisi moi alors je ne pouvais pas me plaindre. J'étais sienne et il était mien mais personne ne devait le savoir. J'étais sienne et il était mien mais elle était l'épouse légitime stérile et j'étais la maîtresse qui lui avait donné un fils.
    Aristide sortit de la douche et m'embrassa une fois installé dans le lit. Il n'était là que pour une semaine pendant laquelle elle le croyait à l'extérieur du pays. Il était là à mes côtés me donnant tout ce que je désirais. Il était la me faisant sienne et se faisant mien. Il m'aimait; peut être pas avec la même intensité qu'au début mais pour moi il avait bafoué les règles de sa religion. Il était là me couvrant de cadeaux et de mots doux. Il était mien et j'étais sienne mais jamais nous ne formerions qu’un.

mardi 30 avril 2013

JUSTE UNE LEGENDE

Dessiné par Saraï d'Hologne


Yves venait de raccompagner son énième conquête lorsque son père demanda à le voir. 

-          Yves, chaque fois je te parle de ta vie de débauche mais tu sembles faire fi de mes conseils. C’est la dernière fois que je te mets en garde sur tes relations intimes avec des femmes mariées. Assieds-toi que je te raconte une histoire qui s’est passée dans notre village.

Yves s’assit sur le vélo de course de son père et l’écouta religieusement.

« Samuel était un bel homme, charmant, soigné qui venait d’être muté à Napiélédougou comme enseignant à la nouvelle école primaire du village. Le vieux Koné un ami à son père avait consenti à l’héberger le temps que l’Etat construise les logements des instituteurs, les précédents établissements ayant faits les frais de la crise sociopolitique. Samuel débarqua la veille de la rentrée des classes et on l’installa dans l’une des indépendances de la maison du vieux Koné. Après avoir pris sa douche, il fut invité à partager le repas de ses hôtes.
-     Bonne arrivée mon fils, le salua Koné. J’espère que tu as fait bon voyage.

-          Merci le vieux, oui oui malgré l’état de la route le voyage s’est quand même bien déroulé. 

-          Dieu merci donc, comme je te l’ai déjà dis tu es ici chez toi. Ton défunt père était un grand ami à moi et 
c’est avec plaisir que je te reçois; j’espère que tu t’y plairas.

-          Merci papa Koné. 

-          Avant tout j’aimerais attirer ton attention sur l’un de tes défauts que nous connaissons tous les deux. Tu es frivole mon enfant et ton charme et ton titre de citadin n’aideront pas à freiner tes ardeurs dans ce village. Je ne te demande qu’une seule chose, évite les femmes mariées. Jamais, au grand jamais tu ne dois approcher une femme déjà en couple avec un homme car le Senoufo ne pardonne pas l’adultère.

-          Eh papa Koné j’ai changé hein, je ne suis plus le jeune irresponsable et coureur de jupons que tu as connu pendant ton séjour à Abidjan. Je saurai me tenir tranquille.

-          Tant mieux mon fils.

La deuxième épouse du vieux Koné apporta la sauce arachide qui devait accompagner le plat de riz déjà disposé sur la table et les hommes entamèrent le repas.

Deux mois étaient passés depuis l’arrivée de Samuel au village et malgré son soi disant changement, il avait collectionné les jeunes filles comme un gamin collectionnait des billes. Aucune ne lui résistait car même si il n’était pas très grand de taille comme la majorité des acteurs de films à l’eau de rose, il dégageait un charme irrésistible du haut de ses 1m65 et n’avait rien en commun avec ces hommes qui s’usaient dans les champs de Napiélédougou. Presque toutes les belles jeunes filles avaient partagé sa couche mais son cœur ne battait que pour Inès l’épouse du vieux Yéo.

Inès avait tout pour plaire à un homme, de sa forme awoulaba à son teint clair naturel en passant par son ventre plat tel un tapis marocain, et par-dessus tout elle maniait très bien la langue de Molière contrairement à la plupart des filles du village. Inès était très joviale à l’extérieur mais enfouissait une grande colère à cause son mariage forcé avec le vieux Yéo dû à une dette impayée contractée par ses parents pour payer sa scolarité.

Lorsque Samuel avait commencé à lui tourner autour, Inès lui avait dit qu’elle était mariée et que son mari ne supporterait pas d’être cocu. Samuel n’en avait que faire des menaces d’un vieux Senoufo et face à son insistance la jeune fille lui céda l’accès à son intimité. Tout s’était passé dans la plus totale discrétion et Inès était rentrée chez elle lorsque Samuel ressentit le besoin d’uriner. 

Il s’apprêtait à se libérer, lorsqu’une petite fourmi rouge sorti de son orifice. Une, puis deux, puis trois puis une multitude d'insectes sortirent de son sexe lui infligeant par la même occasion une terrible douleur. Samuel ne comprenait pas ce qui lui arrivait, son pantalon grouillait de fourmis qui le gratifiaient de douloureuses morsures le long de ses jambes. Le jeune homme sortit en courant et alla expliquer la situation au vieux Koné qui lui demanda ce qu’il avait fait de répréhensible récemment. Après quelques minutes de silence, il raconta qu’il avait eu des relations coupables avec la femme du vieux Yéo.

-          Samuel ? Dans tout ce village c’est avec Inès que tu as eu envie de t’amuser ? Mon fils la dernière personne que tu aurais dû défier est ce vieux sorcier. On ira le voir dès demain matin en espérant qu’il sera assez indulgent pour annuler le sort. 

Malheureusement le lendemain matin, on apprit que le vieil homme avait été assassiné par sa jeune épouse Inès qui tombée follement amoureuse de Samuel avait décidé de se débarrasser de ce vieil homme qui profitait de sa jeunesse. Samuel fut ainsi condamné ; le supplice des fourmis le conduisit à se donner lui-même la mort. »

-          Papa je suis sûr que tu as inventé toute cette histoire pour me faire peur, dit Yves après l’histoire de son père. Ce n’est qu’une vieille légende du village.

-          Crois ce que tu veux mon fils je t’aurais prévenu.

Yves souhaita bonne nuit à son père (qui n’était autre que le vieux Koné) et retourna dans sa chambre à coucher. Il se rendit aux toilettes et étant sur le point d’uriner, il aperçut une fourmi rouge sur son indexe sans savoir d’où celle-ci venait.

vendredi 26 avril 2013

CINQ HOMMES, UN LOGICIEL


J’ai décidé d’écrire chaque semaine sur des personnes dont la vie ou les actions ont une place importante dans l’histoire du monde ou dans la mienne tout simplement. 


Lorsqu’on dit Mark Zuckerberg, presque tout le monde sait qu’il s’agit du fondateur de Facebook. Lorsqu’on parle de feu Steve Jobs on pense immédiatement à la pomme fruit préféré de bon nombre d’accros aux TICS. Lorsqu’on dit Bill Gates, au-delà des millions on pense au concepteur de Microsoft. Pourtant si je vous parle de Niklas Zennström et Janus Friis ou encore Ahti Heinla, Priit Kasesalu et Jaan Tallin personne ou presque personne ne saurait me dire de qui il s’agit.

Ce soir j’ai envie de vous parler de ces cinq hommes qui nous ont rendu un grand service bien que presque personne ne semble s'en rendre compte. Combien de fois avons-nous eu envie de voir notre famille, nos amis alors que nous nous trouvions à des kilomètres ? Combien de fois nous sommes nous rués sur nos ordinateurs afin de parler à ces personnes qui nous sont chères mais qui pour raisons diverses vivent loin de nous ?

 Depuis un moment je me demandais qui a donc créé ce logiciel qui nous permet de voyager assis devant un simple écran d’ordinateur ? A qui devons nous ce magnifique logiciel qui nous aide à moins ressentir l’absence de nos proches ?

Toi oui toi qui te trouves derrière ton ordinateur. N’es-tu pas content lorsque tes parents t’appellent et que toute ta famille te chante joyeux anniversaire alors que vous êtes séparés par des étendues d’eau salée ? Toi ma copine qui me lit, la dernière fois ton sourire ne t’offrait-il pas un chignon gratuit quand tu conversais avec ton Jules grâce à Skype ? 

Pourtant tu ne savais même pas que Skype avait été fondé par Niklas Zennström et Janus Friis et développé par Ahti Heinla, Priit Kasesalu et Jaan Tallinn. Moi je ne fais que te donner les noms mais voilà tout ce que j’ai pu trouver sur ces hommes pour qui nous devons avoir une pensée chaque fois que nous utilisons skype.  




mercredi 17 avril 2013

Une Vie, Un Modèle, Jésus et Issa


J’ai décidé d’écrire chaque semaine sur une personne dont la vie ou les actions ont une place importante dans l’histoire du monde ou de la mienne tout simplement. 

Pour commencer j’ai choisi de vous parler de Jésus (paix et bénédiction sur lui) dans la Bible et Issa (paix et bénédiction sur lui) dans le Coran. Il y a bien sûr plusieurs histoires sur Jésus (pbs) mais je ne veux parler que de ce  dont les livres saints peuvent attester de la véracité et qui résument un peu les croyances islamiques et chrétiennes sur sa vie.  Je préfère ne pas citer des Hadiths ou des textes qui ne font pas partis de la bible car il est difficile de savoir lequel est vrai et lequel est inventé alors je me contenterai de vous donner des informations dont les références sont faciles à vérifier.

Jésus (pbs) a son histoire en islam et dans le christianisme. Les deux histoires diffèrent en certains points mais ont un grand nombre de similitudes que j’aimerais partager avec vous. Je précise avant tout que je n’ai pas la science nécessaire pour prétendre détenir une vérité absolue aussi toute rectification serait la bienvenue.

Les divergences entre les deux religions au sujet de la vie de Jésus (pbs) se situent principalement sur son caractère divin. En Islam, Jésus (pbs) est le messie (Coran 3 : 45) mais pas le fils de Dieu. Il est un prophète tout comme Noé (pbs) , Abraham (pbs), Muhammad  (pbs) et d’autres encore l’étaient. (Coran 4 : 171). Enfin pour ce que je sais, Jésus (pbs) selon le Coran n’a pas été crucifié mais plutôt élevé directement vers Allah (Coran 4 : 157-158).

Dans la religion chrétienne, Jésus (pbs) est considéré comme le fils de Dieu (Marc 1: verset 1). Dans le catholicisme on parle de la sainte Trinité mais je ne vais pas m’attarder sur ce sujet au risque d’aller vers certains débats que je ne maîtrise pas. Selon la Bible, Jésus (pbs) a été crucifié (Luc23 : 32-33), puis est ressuscité le 3e jour (Luc24: verset 7) avant d’être élevé plus tard au ciel (Luc24 verset 51).

Certaines personnes volontairement ou non semblent oublier qu’il y a des similitudes dans le Coran et la Bible. Tout d’abord le Coran tout comme la Bible soutient que Jésus (pbs) est né d’une mère vierge qu’on appelle Maryam (Coran 19 : 16-22) chez les musulmans et Marie chez les chrétiens (Luc 1 : 26-38). Les deux livres évoquent le fait que Jésus (pbs) réalisait des miracles au nom du Dieu suprême. Ils soutiennent également que Jésus (pbs) était un homme pur, parfait (Coran 19: 19 et Hébreux 4: 15).  On admet dans les deux religions qu’on ne pourrait trouver les ossements de Jésus (pbs) dans un quelconque tombeau car il a été élevé au ciel. Enfin, l’islam et le christianisme s’accordent aussi sur le fait que Jésus (pbs) était le messie.

Au-delà des polémiques sur la religion je pense qu’on pourrait s’asseoir et parler de ce qui nous rassemble. Il y a certes des divergences mais Allah, Dieu est le seul à savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Je parle de Jésus (pbs) parce qu’il est une personne importante dans ma vie et dans celle de plusieurs autres personnes bien que je sois musulmane. Il y a tellement de débats stupides sur la religion que parfois je me demande si on ne les crée pas juste à la recherche de tensions. Quoi qu’il en soit Jésus (pbs) fut un personnage important en islam et dans le christianisme et sa vie (bien que je ne l’ai que survolée) est un exemple pour tous.


NB: Pbs: Paix et bénédiction sur lui est une formule que l'on rajoute à chaque fois que l'on énonce un prophète en islam.

samedi 6 avril 2013

SOS MELI,


Mélissa Guéï ou encore Méli pour les intimes est une jeune file très impolie mais quand même bonne conseillère. Moi je l'appelle "Vanou 8500 volts" mais pour cette rubrique elle essaiera de diminuer la dose de bêtises et de "gbès" qui l'anime. Je me charge de recruter des histoires (fictives) que rencontrent souvent des jeunes (bizarres ou pas) de notre âge. J'espère que vous aimerez ce duo de M².










Chère Méli, 

J’ai longtemps hésité avant de te faire parvenir ce courrier mais si je le fais c’est que je suis désespéré. J’ai connu ta rubrique par le biais d’une amie à moi qui n'en ratait jamais un numéro. Je sais que tu parles sans prendre de gants et c’est la raison pour laquelle je t’écris. Je m’appelle Didier et je suis amoureux de la meilleure amie de ma maman. 

J’ai 18 ans et elle en a 40, je suis conscient de la différence d’âge mais Méli essaies de me comprendre. Tantie Huguette malgré son âge mûr n’a rien à envier aux jeunes filles de ma génération. Elle a un « moutou » à faire baver Meiway, des lolos à faire frémir de jalousie Nastou. Eh Méli si tu voyais la forme «guitaresque» de la tantie, tu serais tentée de devenir lélé. 

Méli je sais que tu vas m’insulter mais j’ai besoin d’entendre des vérités crues de la part de quelqu’un. J’attends patiemment ta réponse et pourquoi pas une invitation dans ton cabinet ? Oui oui je sais que tu as ouvert un cabinet de psychologue et j’aimerais beaucoup avoir une séance avec toi. Merci Méli de me donner l’occasion de m’exprimer dans ta rubrique.

Didier l’amoureux transi. 



Réponse :

Sacré Didier! A mon avis, tu as plus besoin d'un psychiatre que d'un psychologue. Amoureux de la meilleure amie de ta mère? Et puis quoi encore? Amoureux de ta mère? Tu sais Didier, nous sommes en Afrique et ici, les cousine, amie, sœur  camarade et même collègue de ta mère sont un peu comme tes tantes. Tu as essayé d'imaginer? Tu sortirais avec ta tante? 

Imagine une seule seconde ton cousin qui sort avec ta maman. Tu verras que cette idée n'est qu'un cocktail de péché et de folie. C'est de l'inceste. C'est juste inconcevable. Et puis, c'est lolo que tu n'as jamais vu à Abidjan ici ou bien c'est un postérieur quarantenaire qui te parait venu du ciel? Ressaisis-toi. Je sais. Tu vas me dire que c'est l'amour, que c'est plus fort que toi, que ce genre de sentiment ne s'oublie pas en une seconde et nanani et nanana. Je te propose de l'éviter au maximum et de t’intéresser aux choses et personnes de ton âge surtout.

Chaque chose doit être faite en son temps. Tu n'as que 18 ans, intéresse toi donc aux filles de ta génération. Et puis, tu comptes sur quoi même? Si tu commets la triste erreur de t'hasarder à lui avouer tes ignobles sentiments, il n y aura pas deux cas: dans tous les cas, tu ne seras pas sauvé. Si elle ne se charge pas elle même de te faire entendre raison, c'est ta mère qui le fera; et avec toutes les conséquences que cela comporte. J'ai de l'espoir car tu sais déjà que tu n'es pas sur le bon chemin. La balle est dans ton camp: reviens sur le chemin de la normalité. Si ça t'intéresse, je serais très heureuse de t'aider.

jeudi 4 avril 2013

MASTER CHEF C'EST REPARTI !!!



Depuis quelques jours c’est reparti pour une nouvelle saison de master chef avec cette fois un ingrédient imposé, le poisson. Vous pouvez utiliser tout ce que vous voulez, une baleine, un requin, un silure, un dauphin, une dorade, tant qu’il s’agit d’un animal aquatique vertébré que l'on pêche pour sa chaire comestible cuisinez le. 

Vous pouvez l’agrémenter d'humour, de drame, d’ironie, ou même de stupidité, tant qu’il est cuisiné en avril, on essaiera d’en accepter le goût. Les cuisiniers rivalisent d'ingéniosité dans leurs plats, souvent au plaisir mais presque tout le temps au détriment des invités.

Ah tiens ! Hier mon cousin a décidé de cuisiner pour sa fiancée; je me demandais ce qu’il allait faire là bas, lui qui ne sait même pas bouillir un œuf mais il m’a dis « n’aies crainte couzo ». Il nous a mijoté une bonne soupe de poisson, hum vous auriez dû y goûter. C’était tellement bon qu'à la fin du repas il était célibataire. 

Ah tu as compris, ce n’est pas partout qu’on cuisine poisson en avril oh. Tu as essayé d’en braiser un pour ta maman ? Elle a appelé ton papa pour qu’il soit le critique culinaire et au final mon ami grâce à ton poisson tu seras privé de pognon jusqu’au mois de mai.

Je le reconnais, j’aimais beaucoup cuisiner le poisson en avril, qu’il passe au four, sur la braise, ou dans une sauce, moi j’aimais juste le déposer sur une table à manger pour mes amis et frères. Ah mais même si je n’ai pas encore été lapidée par l’un de mes clients je préfère vous dire que si vous ne dosez pas bien votre assaisonnement quelqu’un vous jettera le piment à la figure.

Mes amis on se connaît hein, il y a certaines vérités que vous masquez dans les poissons d'avril; pour cette année essayez d'assumer, on va bien trier les arrêtes de poisson là. 

A bon entendeur pêchez.

mardi 2 avril 2013

LA DOT


Illustré par Saraï D'Hologne


Le jour tant attendu par la famille Kassi était enfin arrivé. En Afrique tout le monde savait qu’un mariage n’unissait pas seulement deux êtres mais aussi deux familles, deux villages, deux peuples. Mr Kassi passait son temps à se vanter de la beauté de sa fille Rachelle et personne ne pouvait le contredire car sa fille unique était vraiment belle.

Rachelle avait hérité des traits fins de sa mère d’origine peulh. Elle avait un teint clair naturel, ce qui semblait être un mirage dans ce désert de peaux artificielles offert par les produits cosmétiques. Sa mère lui avait également transmis son joli grain de beauté juste au dessus de ses belles lèvres pulpeuses. Rachelle était plutôt mince malgré la gourmandise dont elle faisait preuve à chaque repas. Elle n’avait certes pas de rondeurs comme les femmes awoulaba mais sa forme n’enlevait rien à sa beauté africaine. Elle était belle et le savait sans toutefois abuser de ses charmes.

Hermann avait rencontré Rachelle alors qu’il effectuait une course pour son père à Prima. Ce qui l’avait marqué était l’élégance et le calme avec lequel elle traitait un ivrogne qui l’avait accosté à l’entrée de l’hypermarché. Hermann avait garé son véhicule dans le parking du centre commercial et était revenu voler au secours de la belle demoiselle. Depuis, ils avaient sympathisé et ne s’étaient plus quittés.

Rachelle vivait dans une villa de cinq pièces avec ses deux parents. Sa mère était ménagère mais son père arrivait parfaitement à subvenir à tous leurs besoins. Personne ne savait le travail qu’il faisait, ni ses voisins, ni son épouse et encore moins sa fille. Elle le voyait tout le temps sortir de la maison, cartable en main sans jamais avoir de réponse à la question « Papa dis moi enfin, où travailles-tu ? ». Elle avait bien essayé de le prendre en filature mais n’avait jamais réussi à savoir ce que son géniteur faisait comme boulot pour assurer leur train de vie.

Dans le quartier des Kassi, plusieurs rumeurs couraient sur le compte du chef de famille mais l’épouse et la fille n’en avaient cure ou du moins ne laissaient rien paraître de leurs frustrations. Certaines mauvaises langues pensaient que Mr Kassi était un trafiquant d’organes, pour d’autres un dealer de drogues, et chacun y allait rajoutant son grain de sel pour créer des histoires de plus en plus folles.

Hermann venait d’arriver au domicile des Kassi accompagné par son ministre de père et des membres de sa distinguée famille. Il allait enfin demander et avoir la main de sa dulcinée. Il était pressé de s’unir à Rachelle devant toute sa famille et selon les coutumes des deux familles. Son père avait insisté pour que tout se fasse dans la discrétion afin de ne pas ameuter les médias. Après que les invités soient installés, le maître de cérémonie en la personne de l’oncle de Rachelle prit la parole.

-       C’est un honneur pour nous de recevoir les membres de cette illustre famille dans notre humble demeure. Nous savons tous la raison pour laquelle nous sommes rassemblés ici alors nous n’allons pas faire perdre de temps à Monsieur le Ministre.

-          Merci à vous de nous recevoir renchérit le porte-parole de la famille Miezan. C’est également un honneur pour nous de venir ici demander la main de la perle que vous avez dans votre famille. La mère du fiancé est un peu en retard mais  comme il s’agit d’une histoire de dot, nous pouvons commencer à tout régler entre hommes.

Madame Miezan n’était pas pour cette union avec une famille dont on ne savait rien mais devant l’insistance de son fils et la bonne impression que lui avait donnée Rachelle, elle avait fini par céder. Elle était allée faire des emplettes de dernière minute pour la dot et devait rejoindre les autres membres de la famille plus tard.

Tout se déroula dans les normes et les Kassi acceptèrent la dot remise pour leur enlever leur unique enfant. Cette dot était à la hauteur du rang ministériel de la famille et ce n’est pas Mr Kouassi qui s’en plaindrait. La cérémonie tirait à sa fin, tout le monde avait fini par se connaître et le beau monde devisait joyeusement autour de quelques amuses-bouche. Madame Miezan arriva et son époux entreprit les présentations avec leur nouvelle belle famille. Au niveau du père de Rachelle la mère du fiancé sursauta.

-          C’est vous le père de Rachelle ?

-          Oui madame, pourquoi ?

-          Vous ne me reconnaissez pas ?

-          Non madame désolé.

-          Ah c’est vrai qu’on dit que les gens sont en deux exemplaires dans le monde mais je ne suis tout de même pas une folle. Moi je vous reconnais car vous êtes le mendiant à qui je remets toujours de l’argent à la sortie de l’Eglise Saint Jean De Cocody. 

lundi 18 mars 2013

CA VA RECOMMENCER


Dessiné par Saraï D'Hologne


Je lisais ses écrits, que dis-je je buvais ses mots avec le même rictus qu'un enfant avalant difficilement une cuillérée de nivaquine. Je n’entendais rien, je ne sentais rien, je ne voyais que ces pages inondées d’encre noire.


« (…) Entre le marteau et l’enclume j’ai dû aiguiser ma plume. Pardonne-moi de ne t’avoir rien dit, tu aurais sûrement pu m’aider mais voilà je n’ai pas appris à me dévoiler à autre chose qu’à ce carnet. Tu m’as toujours reproché ma solitude mais comment aurais-je pu être sociable lorsque tout le monde autour de moi ne respirait qu’hypocrisie? Ce journal tu n’aurais jamais pu le découvrir de mon vivant parce que je t’ai fait croire que c’était mon cahier de maths. On le sait tous les deux combien tu maudissais Pythagore, Thalès et leurs confrères d’avoir inventé des théorèmes et des propriétés qui te semblaient être du chinois. Je me suis toujours assurée que jamais tu ne saurais ce qui me hantais car je refusais moi-même d’y croire. T’en parler reviendrais à te demander des explications et je n’étais pas prête à l’accepter mais en te voyant hier à l’œuvre une énième fois, j’ai craqué. Te rappelles-tu de nos moments passés sous la pluie ? Ces fois où profitant de l’inattention de maman, nous batifolions dans la boue ? Je pense que ces instants là malgré le méchant rhume qui suivait ont été les seuls beaux souvenirs de ma vie. »

Je venais de lire le journal de Litsié ma meilleure amie, ma jumelle et j’en tremblais encore. Ma sœur était morte par ma faute; elle n’avait pas supporté la terrible vérité et plutôt que de l’affronter elle avait préféré se donner la mort. Depuis combien d’années savait-elle mon secret ? Je ne le saurai jamais car elle ne l’avait pas mentionné dans son journal et elle n’était plus là pour répondre aux nombreuses questions qui se bousculaient dans ma tête. Je me sentais coupable de ce qui lui était arrivé et je n’avais qu’une seule envie, me donner la mort à mon tour. J’ai pensé à ma mère qui avait perdu son mari et qui venait maintenant de perdre sa fille unique et finalement je n’ai pas voulu lui infliger un troisième deuil.

C’était vrai que donner la mort était devenu une routine pour moi mais cela ne m’avait ôté ni mon cœur, ni mon âme, et encore moins mes émotions. C'étaient d'ailleurs ces émotions qui avaient fait de moi ce que j’étais devenu. Si j’avais été condamné à cette nature de psychopathe, c’était juste parce que je ne supportais plus de voir papa soulever la main sur ma mère. Elle avait supporté pendant neuf mois mes combats de catch avec Litsié dans son intérieur. Elle avait passé des nuits blanches à nous veiller, des années à nous éduquer dans l’espoir qu’on devienne des gens bien. Malheureusement dès 8 ans, j’avais commencé à remarquer les bleus sur son corps, j’ai découvert que derrière son sourire ma génitrice pleurait intérieurement. Lorsqu’il y avait de l’orage dans l’air, chez nous papa semblait aussi déchaîné que la tempête et sur ma mère les coups pleuvaient. Litsié et moi préférions dans ces moments là nous amusez sous la pluie mais au fond chacun de nous espérait que cette pluie cacherait ses larmes à l’autre.

A 15 ans je n’ai plus supporté de voir ma mère crouler sous les coups sans broncher et lorsque papa leva la main sur ma sœur jumelle, le vase déborda. Oui c’était mon père mais c’était un monstre alors je l’ai tué sans le moindre remord. Lorsque j’ai abandonné son corps dans le Bandama, je me suis sentis libéré à la fois de son poids dans ma brouette mais aussi d’un poids dans mon cœur et ma vie. Par la suite je me suis trouvé une vocation, celle d’éliminer tous ces pères et maris indignes qui osaient lever la main sur leurs épouses et leurs enfants. Je ne savais pas ce qui m’avait poussé sur cette voie mais jusqu’au suicide de ma sœur je n’avais jamais regretté mes meurtres. 

Litsié avait découvert que son frère jumeau que j’étais était aussi un monstre comme tous ces bourreaux que je faisais disparaître. J’avais fini par prendre plaisir à cette condition de pseudo héros que je m’étais auto-attribué, c’était devenue ma subsistance.

Cela fait trois ans que ma sœur n’est plus, trois ans que j’ai lu ce journal et que je n’ai plus jamais ôté la vie à quiconque. Pourtant depuis quelques temps mes mains tremblent, je ne supporte plus de voir Kouassi, notre ivrogne de voisin cogner sa femme. Je ne supporte plus de voir sa fille se réfugier chez nous en larmes chaque fois que son père rentre du cabaret. J’ai essayé de résister mais comme on le dit chasse le naturel, et il reviendra au galop. Cette nuit c’est la bonne et ça va recommencer.

*Inspiré de la série Dexter

dimanche 17 mars 2013

QUAND TU ES PARTI.....


« J’ai cru à ton départ que jamais je ne me relèverais pourtant me revoilà toujours plus forte et rayonnante que jamais. Quand tu es parti tu sais, j’ai longtemps pleuré ; j’ai passé des nuits blanches à écrire dans ce journal que tu m’avais offert à mon anniversaire. Les mots ont été les meilleurs remèdes à mes maux car même si Maude essayait de me consoler mes blessures refusaient d’être pansées.

Quand tu es parti j’écoutais tout le temps Amel Bent « tu n’es plus là » et la seule question qui me hantait était pourquoi. Pourquoi tu t’en étais allé sans un au revoir, sans une justification à mon égard. Ne méritais-je pas deux minutes dans ta vie lorsque tu avais pris dix sept années dans la mienne ? Tu peux t’en aller définitivement car de toutes les façons tu n’as jamais été là que pour satisfaire tes besoins.

Les seules fois où tu étais présent ta main se trouvait sous ma jupe et malgré mes larmes je pensais que tu m’aimais à ta manière. Ma ressemblance avec celle qu'autrefois tu aimais m’a été fatale peut être parce que ma naissance lui a ôté la vie. Papa tu es parti sans une lettre d’adieu après m’avoir enlevé ma virginité à 15 ans. Tu es parti à l’orée de mes 17 ans, sans te soucier de ce que je deviendrais, mais aujourd’hui j’ai 34 ans et je viens de mettre au monde un enfant. Je voulais juste que tu saches que je l’ai appelé Frédérique en hommage à ce père qui n’a jamais été là que sous ma couette. »

Drôle de discours pour un baptême me disais-je, après que Lili ait fini son discours. Je me souvenais de cette période de sa vie puisque j’étais la Maude qui la consolait mais je ne comprenais pas pourquoi elle avait choisi ce jour là pour en reparler surtout devant toute cette assemblée. Je ne comprenais pas jusqu’à ce que je me retourne et aperçoive mon oncle Frédérique, son père se retourner vers la sortie la tête baissée et les yeux noyés par les larmes.

samedi 16 février 2013

ANGE..ANGE ET.........Démon

Dessin par Saraï D'Hologne

Lui et Elle, Elle et Lui, peu importe l’ordre formaient le couple parfait et personnifiaient le mot amour. Roméo et Juliette dans leur tombe tremblaient de jalousie lorsqu’ils voyaient son père à Elle rigoler avec sa mère à Lui. Tout le monde s’accordait pour dire que leur amour était beau, simple, pur, mature, étincelant, scintillant, éclatant, magnifique, authentique, en un mot extraordinaire.

Adam et Eve ont créé l’amour pourtant Elle et Lui pourraient leur apprendre à aimer. Samson s’est battu pour l’amour mais il n’aurait surement pas eu à le faire si son amour était comme le leur. Dezy Champion a chanté l’amour inspiré par la clarté de leur relation.

De l’extérieur on ne voyait que leur charme, la complicité qui semblait régner entre les deux tourtereaux mais personne ne savait qu’il y avait un problème aussi minime que courant dans ce jeune couple pris dans l'engrenage des passions entre l’adolescence et l’âge adulte. Elle s’appelait Ange et il s’appelait Ange également. Pour parler d’eux on disait « le couple d’ange » alors qu'au fond, Lui s’avait qu’il finirait par ne plus accepter ce statut. Il voulait d’une relation plus que platonique alors qu’elle voulait rester chaste jusqu’au mariage pour lui. Il faisait croire à ses amis qu’il avait consommé le fruit défendu alors que pour ses amis à elle, Elle était le modèle même de la vertu. Il lui disait qu’ils étaient destinés à rester ensemble alors qu’ils le fassent maintenant ou plus tard ne faisait que retarder l’échéance. Elle répondait à chaque fois que plus l’attente était longue encore plus délicieuse serait la récolte. De 15ans à 20 ans cinq longues années étaient passées et son désir pour elle ne cessait de grandir tandis qu’elle sentait ses forces l’abandonner face aux avances charnelles de son bien aimé.

C’était son anniversaire et elle lui offrit une belle fête avec leurs amis communs. Il ne s’y attendait pas car la veille ils s’étaient disputés mais comme d’habitude il fallait entretenir l’image du couple modèle pour l’entourage. Il avait pris une décision mais cette fête l’empêchait de lui en faire part en ce moment précis. Il attendit la fin de la cérémonie pour la remercier.

-         Ne me remercie pas maintenant mon Ange, tu n’as toujours pas reçu ton cadeau. Suis moi mon amour et tu auras le plus beau présent qui puisse exister. 

Il l’avait suivit se demandant ce qu’elle pourrait bien offrir de plus que cette magnifique fête en son honneur mais ils retournèrent chez ses parents à lui. La maison avait été vidée de ses occupants après un accord fait entre Elle et les parents de son Ange. Les domestiques, les frères et sœurs, tout le monde avait été prié de libérer les lieux pour l’occasion. Des bougies parfumées embaumaient la chambre et lui donnait un aspect féérique. Il voulait parler mais elle l’en empêcha. 

-          BB ouvre ton cadeau sur le lit.

Il l’ouvrit et découvrit le « Ail Phone 7 » qu’elle lui avait acheté grâce aux contacts de son père alors que les inventeurs ne l’avaient même pas encore conçu.

-          Merci mon Ange c’est vraiment le plus beau cadeau que tu pouvais m’offrir mais je dois te dire quelque chose. 

-          Non chéri aujourd’hui tu en as assez dit, terminons cet anniversaire en beauté et demain on aura tout le temps pour discuter.

Il voulait encore parler mais elle l’interrompit en posant délicatement ses lèvres sur les siennes. Il aurait aimé résister mais la chair est faible et ses forces l’étaient encore plus; Elle le guida comme si elle avait fait ça toute sa vie. Lui était tenaillé entre son désir de tout arrêter pour lui annoncer sa décision et l’envie de vivre enfin ce dont-il a rêvé des nuits durant. Là où un homme et une femme sont isolés, le désir prend très souvent le dessus sur les pensées pieuses et Lui ne put résister à la tentation de découvrir enfin ce que ses amis appelaient le septième ciel terrestre. Il se laissa entraîner et ils n’eurent de répit qu’au moment de s’endormir.

 Il était 10h et Elle lui apporta son petit déjeuner au lit comme pour éterniser l’instant romantique de la nuit précédente.

-          Tu n’aurais pas dû te donner tant de mal ma puce.

-           Ne t’inquiète pas mon ange je voulais prolonger cet anniversaire et te montrer combien je t’aime malgré les nombreuses disputes que nous avons ces temps-ci.

-          Merci BB j’ai vraiment apprécié tout ce que tu as fait pour moi hier merci encore.

-          Ya pas de quoi, quelle était donc cette nouvelle que tu avais à m’annoncer ?

Il avait imaginé la scène plusieurs fois dans sa tête mais la donne avait changé et hier nuit elle avait fait un grand sacrifice pour lui. En l’espace d’une minute, il repensa à tout ce qui s’était passé dans sa vie récemment sans qu’il n’en fasse part à quiconque. Il n’aurait jamais imaginé prendre cette voie mais il ne pouvait plus reculer et le couperet tomba.
Dessin par Saraï D'Hologne

-          Ange je veux devenir prêtre et je rentre au séminaire dans une semaine.