mardi 18 août 2015

The color purple: La couleur pourpre


Je ne sais pas pour vous mais je ressens toujours une certaine pression lorsque je lis un livre qui a été acclamé par tout le monde. Je ressens moi aussi le besoin de l’aimer, de comprendre ce que les autres ont compris, alors que ce n’est pas cela le but de la lecture. En lisant, nous sommes censés tirer nos propres conclusions, ressentir nos propres émotions... Comme le disait l’artiste ivoirien Yak lors d’une exposition, « l’art doit être subjectif et non objectif ». Et je pense que tout comme la sculpture et la peinture, les mots inscrits dans les livres parlent d’eux même et ne doivent pas être interprétés d’une seule manière. Je travaille encore à ne pas me laisser influencer par les avis des autres…

J’ai dit tout cela, mais ce n’est pas pour m’opposer à l’avis général sur le chef d’œuvre d’Alice Walker car The color purple est indubitablement superbe. J’ai flanché dès la première page. En effet, l’auteure ne nous laisse pas le temps de nous installer avant de nous assommer avec la souffrance de Celie, nous forçant à adopter et partager immédiatemen
t le drame de l’héroïne. 


The color purple est un roman épistolaire qui nous transporte dans l’univers du personnage principal Celie. À l’âge de 14 ans, elle est violée par l’homme qu’elle appelle « père » sans qu’elle ne puisse le dire à qui que ce soit. Elle décide alors de confier ses maux à Dieu à travers des lettres. Enceinte à deux reprises et séparée de ses enfants, Celie est ensuite offerte comme une vulgaire marchandise – et encore gratuitement – à un homme vivant avec 4 de ses enfants. Celie ne s’oppose jamais, se contente de faire tout ce à quoi elle est assignée. Mais malgré cela, les coups et les injures pleuvent sur son corps et son esprit déjà affligé. Lorsqu’elle rencontre Shug Avery, l’ancienne amoureuse de son mari, Celie découvre un autre monde. Elle découvre qu’elle est belle malgré ce que les hommes lui ont toujours dit. Elle découvre qu’elle peut aimer d’autres personnes que sa mère et sa sœur, et que quelqu’un peut elle aussi l’aimer pour ce qu’elle est. C’est le début d’un long parcours pour se rendre compte qu’elle a de la valeur. Et face à toutes les difficultés qu’elle rencontre, une seule chose la tient en haleine : l’espoir de retrouver sa sœur dont elle n’a plus eu de nouvelles pendant des années.


Dans chaque lettre, on découvre un peu plus la vie des noirs dans un pays qui leur refusait les mêmes droits qu’aux blancs. Mais plutôt que de se contenter d’un banal récit racontant le mépris de l’homme blanc pour l’homme noir, Alice va plus loin. Elle y raconte le désir de dominer de certains hommes, blancs comme noirs. Elle examine la vie de certaines femmes soumises, marchepieds de leurs époux, de la société. Et le refus de certaines comme Sofia, Nettie et Shug de se plier aux exigences des autres. Dans The color purple, on découvre également les rencontres et la relation entre les noirs des États Unis et ceux vivant en Afrique que l’on considérait comme des sauvages et des païens…

L’amour est un thème important dans le livre mais c’est surtout l’amour de soi-même qui est prôné. Comme moi, certains n’apprécieront surement pas que Celie rencontre agapè et éros dans les bras d’une femme. Mais j’ai finalement compris que The color purple va au-delà d’une simple histoire d’homosexualité. Comme le dit Alice Walker dans la préface du livre, il s’agit du combat d’une personne qui commence sa vie en tant que captive spirituelle mais qui grâce à son courage et à l’aide des autres va réaliser qu’à l’instar de la nature, elle est l’expression rayonnante de ce qu’elle a toujours perçu de loin comme le divin. 


À travers certains personnages, vous entendrez ou plutôt lirez des choses qui ne vous plairont pas forcement mais une chose est certaine, ce livre est à lire. Et pour ceux qui ne sont pas de grands fans des livres, je n’ai entendu que de bonnes critiques sur le film.