Nous n’avons pas besoin d’être des supers héros pour
poser des actes aux résultats grandioses. Cela ne sera surement pas grand-chose
pour nous, mais représentera tout de même énormément pour des personnes qui
souffrent ailleurs. Les mots peuvent signifier beaucoup de choses mais les
images parlent d’elles même. Aujourd’hui je vous invite juste à regarder cette
vidéo et à poser un acte qui pourrait changer la vie de 800 000 personnes. Ces
images semblent lointaines pourtant nous pourrions tous nous retrouver dans de
pareilles circonstances. Cela ne te prendra que quelques minutes pour regarder,
quelques secondes pour signer et un click pour partager.
Quand Pascal disait que « le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » je me demande si cela incluait aussi la raison religieuse. En effet il n’est pas rare de voir des parents s’opposer au mariage de leurs enfants issus de religions différentes. En Côte d’Ivoire, – Je ne connais pas beaucoup de juifs ou de bouddhistes – c’est surtout entre les hommes chrétiens et les femmes musulmanes que le problème se pose. Aussi je vois plusieurs personnes s’indigner lorsque des musulmans refusent d’accorder la main de leur fille en mariage à une personne d’une autre confession religieuse. Je donne ici mon point de vue, peut-être pas ce qui est juste mais il n’en demeure pas moins mon avis.
En islam un homme musulman peut épouser une femme chrétienne ou juive mais l’inverse n’est pas autorisé. D’après ce que j’ai lu et compris, cela est dû au fait que l’homme est considéré comme le chef de famille. De ce fait, les enfants devraient suivre la religion de leur père. Pour moi qui suis une reconvertie, je sais combien cela peut affecter une famille (surtout un parent) lorsque son enfant fait un choix religieux différent du sien. Par ailleurs, certains croient que la femme sous l’influence de son mari serait tentée de changer de religion, ou de faire preuve de laxisme.
Je connais des foyers où l’homme chrétien et sa femme musulmane vivent ou paraissent vivre en harmonie. Certains couples mixtes sont plus heureux que des couples issus de la même religion. D’autres ne résistent pas aux intempéries, qu’elles soient dues à la religion ou pas. Quoi qu’il en soit, l’on ne saurait évaluer le succès d’un mariage en se basant sur la compatibilité religieuse. Toutefois, avant de crier au scandale lorsqu’un père ou une mère s’oppose à l’union de son enfant, il serait préférable de s’informer sur les raisons qui poussent le ou les parents à prendre une telle décision. L’éducation des enfants n’est pas la seule zone d’ombre dans les mariages interreligieux. Chaque couple est unique et les conjoints doivent faire différents compromis pour l’harmonie de leur ménage.
Enfin, je suis sûre que bon nombre de personnes aimeraient partager leur vie avec une personne qui partage les mêmes convictions religieuses. Si l’on peut choisir de qui on tombe amoureux (évitons le débat) certaines questions ne se poseraient même pas. Pour moi il est préférable que les deux conjoints soient issus de la même religion ; toutefois il est inadmissible qu’une personne se convertisse uniquement dans l’optique du mariage. Il vaut mieux aimer le Créateur plus que la créature.
Récemment, un ami artiste chanteur a décidé de traiter le sujet du mariage interreligieux. Je vous propose de découvrir et d’apprécier N’Klowô de Onew. Une histoire d’union entre un chrétien et une musulmane. Un sujet toujours d’actualité. Si les raisons religieuses sont compréhensibles, nul n’a le droit de juger l’amour entre deux personnes car que l’on aime en dioula ou en baoulé, Mi klowô signifie la même chose que M’bifè.
Dioula : Langue africaine. Au départ un terme utilisé pour désigner des commerçants ambulants en Afrique occidentale ; aujourd’hui on appelle dioula en Côte d’Ivoire toute personne appartenant au grand groupe des Mandés du nord. La majorité des dioulas est musulmane.
Baoulé : Langue africaine du peuple des Baoulés. C’est un peuple installé principalement au centre de la Côte d’Ivoire. Les Baoulés sont généralement chrétiens.
Mi klowô / M’bifè : Je t’aime en baoulé et en dioula.
On la connaissait sous le sobriquet de Charlène de
Paris. Toutefois prenez garde à lui attribuer un quelconque titre car la
particule n’est pas une marque de noblesse. De plus, Charlène ne venait
aucunement de Paris. Je me demande même si elle avait déjà mis les pieds dans
un aéroport. Non Charlène était la gérante du maquis-bar « Paris » à
Yopougon Toits-Rouges où les toits ne sont pas tous rouges. Sa réputation, elle
l’a acquise au prix de mille dehanchements et de nuits partagées auprès de
certains êtres mi-hommes mi-animaux. Non ce ne sont pas des cousins du
minotaure mais ils n’ont pas besoin d’etre taureaux pour brouter.
Charlène de Paris revait de la Tour Eiffel mais à défaut
du visa pour Bengué, elle avait le visage pour bringuer.Sa fine silhouette ponctuée de rondeurs bien définies
à des endroits précis a vite fait de lui attirer les faveurs des hommes
« forts » du moment. Un passage à l’hôtel « passe on n’a rien
vu » était suivi d’une lourde descente de boucantiers à
« Paris » la nuit suivante.
Son maquis-bar restaurant lui procurait des sous,
assez de sous pour s’offrir le voyage dont elle avait toujours rêvé. Seulement,
l’ambassade répondait toujours niet à sa demande de visa sans lui fournir la
moindre explication. Déterminée à marcher le long de la seine, elle se rabattit
sur les agents de voyages des rues de Treichville. Ces agents sans bureau qui
te font voyager dans le chaos. Se fiant à quelques malfrats elle misa toute son
épargne en espérant aussi visiter l’Espagne.
Elle se retrouva sans sou à Paris...de
Yopougon.
En quête de show j’ai rencontré Charlène de Paris.
Elle s’occupa personnellement de moi lorsque je lui dis que je vivais à Paris. Mes
amis de galère m’avaient soufflé que c'était le mot de passe. Une promesse de
logement à château rouge et je fus traité tel un prince. Je n’eus pas à débourser
le moindre franc pour profiter d’une soirée arrosée avec quelques amis. Elles sont malheureusement nombreuses ces filles qui se laissent bercer d'illusions. Toutefois, le rêve parisien de certaines facilite le commerce pour nous autres vendeurs d'illusions. Cela fait
quelques semaines que je n’ai plus de nouvelles de Charlène. Dans la promiscuité
de mon entrer-coucher à Mossikro j'espère qu'elle a finalement pu arriver
chez De Gaulle.
Bengué: surnom que les ivoiriens donnent à la France
Boucantier: personne aimant afficher son aisance materielle pour impressionner les autres (attribué aux artistes du coupé-decaléà l'origine) Mossikro: quartier précaire dans la commune de Yopougon
Alors on ne t’a rien coupé ? Bah tu es chanceuse alors !
Il y a dans le monde plus de 125 millions de femmes et de filles en vie qui n’ont
pas eu autant de chance. Bien que ne présentant aucunavantage, l’excision est
depuis plusieurs siècles ancrée dans certaines traditions africaines.
Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’excision
n’est en aucun cas liée à l’islam. Dans aucune sourate il n’est mentionné la nécessité
de cette pratique. Aucun hadith n’exhorte les parents à mutiler ainsi leurs
filles. Pourtant dans certaines contrées, nos géniteurs croient dur comme fer qu’une
femme qui n’est pas excisée "n’est pas propre".
Récemment, je suis entrée dans la chambre de ma colocataire
et elle regardait un film. « Desert Flower ». Quelques instants plus
tard, je retourne dans ma chambre et elle m’envoie un message, puis un lien sur
Facebook. Ma très chère colocataire a été tellement émue par le film qu’elle a
fait des recherches et s’est rendue compte qu’il s’agissait d’un scenario basé
sur une histoire vraie.
Contrairement à moi, ma colocataire n’a pas du tout la larme
facile. Quoi de plus normal donc que ma curiosité soit titillée lorsque celle-ci
a les larmes aux yeux devant un film ?
Fleur du désert raconte l’histoire de l’écrivaine, ancienne
mannequin et actrice Waris Dirie. Née en 1965 dans la région de Gallacio en
Somalie, elle a été pendant plusieurs années ambassadrice de l’ONU chargée des
questions de mutilations génitales feminines.
Le film raconte le parcours de Waris, du désert de la
Somalie aux grands T du monde entier. Des différentes épreuves qui ont miné sa
vie, La Fleur du Désert en est ressortie plus forte. Mais comme le dit l’actrice
principale dans le film «Ce qui arrive au dernier d’entre nous à un effet sur
nous tous. » Certaines personnes arrivent à surmonter le mal occasionné
par les mutilations sexuelles. D’autres non.
L’excision et l’infibulation laissent de graves séquelles. « Le
clitoris est retiré, les petites et les grandes lèvres de la vulve sont coupées.
Ensuite on recoud la plaie. A la place
des organes génitaux il ne reste qu’une cicatrice. »
On ne parle jamais assez lorsqu’il s’agit de changer les mentalités.
Ce n’est pas par méchanceté que certains parents excisent leurs filles. L’ignorance
est génitrice de bien des maux. Plutôt que de chercher des responsables à
des traditions dont les instaurateurs sont enterrés depuis longtemps, il serait
mieux d’en parler autour de nous. C’est grâce au verbe que nous pouvons instruire
et ainsi changer ce que signifie être femme.
Pour celles qui n’ont pas vécu cet enfer, il est difficile d’imaginer
la douleur aussi bien physique que morale que subissent les jeunes filles et
femmes victimes de l’excision. Plutôt que de vous faire un exposé sur le sujet
je vous propose de regarder « Desert Flower ».
Il est le seul encore vivant parmi ceux que l’on
appelait The Big Six (avec Martin Luther King, James Farmer, A. Philip
Randolph, Roy Wilkins, Whitney Young). Son nom est surement inconnu par la
plupart des personnes qui liront cet article. Pourquoi ? Parce que quand
nous parlons de révolutionnaires, de lutte contre la ségrégation, nous nous arrêtons
à certains personnages de l’histoire…
J’ai eu la chance de rencontrer John Robert Lewis le
7 Mai 2014 dans son bureau de Washington. J’avoue qu’avant mon voyage, je n’avais jamais
entendu parler de lui ou alors je ne m’en souvenais pas. C’est à travers un
film sur sa vie (voir la vidéo) que j’ai découvert l’homme. Comme Billy Billy
dirait « De la ferme à la chambre des représentants, hum Lewis a réussi !»
Plus sérieusement, la vie de Lewis montre que le résultat
final en valait la peine. Lorsque nous croyons en quelque chose, nous avons le
droit mais surtout le devoir de nous battre afin de défendre nos valeurs et idéologies.
Il le dit lui-même : «My parents said, don’t get into troubles;
but, I got into troubles and it was good troubles, necessary troubles. »
C’est un homme plein de vigueur qui nous a reçus
dans son bureau cet après-midi. Franchement au début, je me demandais s’il
allait rester debout durant tout l’entretien. Et pourtant, l’homme qui a été emprisonné
40 fois dans les années 60 et encore 5 fois récemment a toujours de l’énergie à
revendre.
Né le 21 Février 1940, John Robert Lewis a grandi
dans une ferme dans l’État de l’Alabama. Élevé avec ses neuf frères et sœurs selon
les préceptes chrétiens, rien ne prédestinait cet homme à être aujourd’hui le représentant
du 5e district congressionnel de Géorgie à la Chambre des représentants
des États Unis.
Inspiré par des pacifistes comme Rosa Parks et
Martin Luther King, John Lewis s’est engagé dans la lutte contre la ségrégation
raciale alors qu’il était encore étudiant. Il fut chairman du Student Nonviolent Coordinating Committee
(SNCC) l’une des principales organisations du mouvement afro-américain des
droits civiques dans les années 60. Il a rédigé un discours en réaction au
Civil Right Bill de 1963 qui ne protégeait pas les afro-américains des brutalités
de la police et ne leur octroyait pas le droit de vote.
Petite
anecdote : Pendant la marche de Selma, il portait
un sac à dos comme le montre la photo. Il nous raconte qu’il avait dans ce sac deux
livres car il pensait qu’il serait encore arrêté et voulait quelque chose à
lire en prison. Une pomme et une orange car il voulait avoir quelque chose à
manger. Et enfin une brosse à dent et une pâte dentifrice au cas où il irait en
prison car il aurait aimé se brosser les dents…lol!
Dans un pays où les noirs et les blancs ne pouvaient
emprunter le même taxi. Dans un pays où les noirs et les blancs n’utilisaient
pas les mêmes lavabos dans les endroits publics. Dans un pays où réclamer ses
droits était passible d’emprisonnement et de bastonnades…
Des hommes se sont levés et ont œuvré pour que les générations
futures n’aient pas à subir ces inégalités sociales. Ce n’était indubitablement
pas facile. Mais malgré les coups et les arrestations, «They never gave up, they kept eyes on the prize.»
John Lewis est l’un des pionniers de la lutte contre
la ségrégation raciale aux États Unis. Il montre que l’espoir n’est jamais perdu. Que
nos efforts seront toujours récompensés. Et enfin qu’avec le courage et malgré
toutes les difficultés qui pourraient émerger de nos combats, We Shall Overcome.
Tu ne m’as
pas demandé de t’aimer mais amoureuse je suis quand même tombée. J’aurais dû en
choisir un autre; j’aurais pu avoir le béguin à la suite d’une autre rencontre.
Mais il a fallu que ce soit toi. Petite, j’avais du mal à me faire des amis
alors un amoureux, jamais je n’aurais espéré. Tu es venu quand je ne t’attendais
pas, et m’a presque tout donné quand je me contentais de peu. Tu ne voulais pas
que je tombe amoureuse mais tu m’as quand même séduite.
Tu
aurais dû me laisser me noyer dans les larmes, à chaque fois que la tristesse
me tenait compagnie. Tu n’aurais pas dû me soulager de mes peines, tu n’aurais
pas dû me faire sourire. Enfin ce n’était pas bien grave que tu me délivres
mais tu as juste oublié un truc…me prévenir que c’était éphémère. Tu aurais pu
me laisser, m’abandonner comme bien d’autres l’ont fait mais toi tu es resté. Alors
je me suis finalement dit que tu étais le bon. J’étais accro.
Face aux
sourires moqueurs, j’avais notre amour comme bouclier. Dans tes mots je me
perdais, ton intelligence me fascinait. Ton esprit était sublimation, avec toi
je me sentais autre. Grâce à toi, j’ai découvert que je pouvais jouer plusieurs
personnages. De la vierge effarouchée, à la presque catin qui s’assume. Avec
toi je n’avais plus besoin de faire semblant. Parce qu’avec toi, toutes mes personnalités
se réunissaient.
Le temps passe et jamais ne s’arrête. Tes irrégularités
au fil du temps ont commencé à montrer du nez. Je devais désormais attendre
plus de trois mois avant que tu ne daignes me faire grâce de ta présence. Plus
le temps passait, plus tu te faisais rare. Tu m’avais habituée à une visite
chaque mois alors bien sûr, il y a finalement eu des infidélités. Tu ne m’en as
pas voulu et jamais je n’ai su pourquoi.
Peut-être
était-ce parce que de cette relation tu ne savais rien. Peut-être étais-je la
seule à être amoureuse. Bien sûr d’autres te tournaient autour mais pour moi tu
ne les voyais pas. L’amour rend aveugle, tu n’avais de cesse de le répéter,
mais pour moi, j’étais immunisée. Aujourd’hui après avoir lu ces mots parlant de
toi, j’ai compris que tu te préparais à partir sans me dire au revoir. C’est
dans la nécrologie que j’ai appris que mon écrivain préféré ne me ferait plus rêver.
Ps: Personne n'est décédé, c'était juste l'inspiration d'un moment.
Un garbadrome au plateau par http://civ2011.france24.com
Hier tu m’as demandée si je t’aimais et j’ai répondu
« non ». Désolée d’avoir été si brutale dans ma réponse mais je
n’aime pas tourner autour du pot. Ta question permet moi de la reformuler était
« est-ce que tu m’aimais ». En fait tu n’as jamais été un as en
conjugaison et cela je l’ai remarqué depuis notre première conversation. Alors
la vraie question selon moi aurait dû être « est ce que tu
m’aimes ? » et j’aurais répondu « Non ». Seulement
avec un peu plus de douceur dans la voix et un sourire malicieux.
Te souviens-tu de notre première rencontre ? Il
parait que les gens amoureux se souviennent toujours de la première fois qu’ils
ont aperçu l’être aimé. Je ne doute pas de ton amour mais tes lacunes en
conjugaison n’égalent pas tes trous de mémoire alors je vais tout de même te
faire un petit rappel. C’était un soir d’été alors que le soleil achevait sa
longue course de la journée…Pause. Tu ne pensais tout de même pas que j’allais être
fleur bleue ? Si ? Ah tu devrais me connaitre mieux que ça.
Je t’ai aperçu la première fois à la sortie d’un
garbadrome. Tu portais un jean délavé et un T-shirt de publicité. Cela faisait
une éternité que j’avais vu un T-shirt avec marqué en grand OMO-Multi-action.
Quelle ironie ! Tes vêtements semblaient ne pas avoir connu de lessive
depuis un bon moment. Tu venais de terminer ton travail et moi j’étais triste
de ne pas être arrivée à temps car, il n’y avait plus de poisson thon. En me
voyant, mon assiette vide à la main, tu as prononcé cette phrase dont j’aurais
pu me passer. «Ma chérie poisson est fini. »
Primo, je n’étais pas ta chérie, nous ne nous
connaissions pas. Deuxio, j’avais deux yeux pour me rendre compte, par
moi-même, qu’il n’y avait plus de poisson. Je n’avais certainement pas besoin
que l’on me rappelle que je n’aurais pas droit à mon garba du vendredi. Comme
tu as pu le deviner à ma mine serrée ce jour-là, je ne te portais pas dans mon
cœur. Et pourtant deux années plus tard, tout le quartier nous appelait les
amoureux du garbadrome.
Chaque soir après mes cours, je venais te tenir
compagnie pendant que tu grillais les poissons pour ton grand frère. J’aimais
bien discuter avec toi et j’avais découvert en toi des qualités que les autres
ne voyaient pas. Ces autres qui ne comprenaient pas que moi Lucia l’intello, je
sois amoureuse d’un haoussa grilleur de poisson thon. Ces autres qui de toi, ne
voyaient que les tenues délavées. Ces autres qui plusieurs fois, ont dit que tu
m’avais envoutée. Ces autres qui seront encore plus surpris demain d’apprendre
que nous allons nous marier.
Que ne ferait-on par amour ? Je t’ai aidé à
prendre des cours du soir parce que tu voulais toi aussi aller à l’école. Tu
étais un élève forcené et c’est grâce à ton acharnement que tu as fini par
obtenir le BEPC. Ton amour pour les nouvelles technologies a fait de toi un développeur
d’application connu et apprécié par les plus grandes structures du pays. J’ai
encore du mal à croire que c’est ta photo à la une du magazine « Plus de
Tics, moins de tares » du mois dernier. Tu as su devenir « quelqu’un »
comme tu le rêvais. Et je suis fière d’avoir contribué à ton succès d’une
manière aussi minime qu’elle soit.
Enfin, si tu me reposais la question et me demandais
si je t’aime, je te répondrais sans doute « Non ». Juste parce que
c’est avril, et que tu mérites un gros poisson d’avril en souvenir du bon vieux
temps.
* Haoussa: Peuple du Sahel que l'on retrouve en Côte d'Ivoire et que l'on assimile la plupart du temps aux vendeurs de garba.
*Garba:Plat populaire ivoirien à base de semoule de manioc et accompagné de morceaux de thon frits.
La vie est un mystère.
Un mystère qui est l'expression même de l'inconnu.
Un inconnu que d'autres assimilent au hasard.
Mais pour moi le hasard n'existe pas, je n'y crois
pas.
Tout arrive pour une raison, tout est mektoub *.
Je ne me rappelle pas de la première fois que nous
avons commencé à parler, ni de la première fois que j'ai eu à poser les yeux
sur toi.
Mais je me souviens très bien la première rencontre
de nos lèvres.
Tu es rentrée dans ma vie comme l’on rentre dans
une église ou dans une mosquée, avec calme et tranquillité.
Tu es venue et mon cœur a recommencé à sourire.
Ma vie avait changé, tu étais là, et tout allait
bien.
Laisse-moi te dire que tu es celle qui m'a donné
la force, tu étais mon pilier.
Tu étais celle qui me donnait envie, envie de
rire, envie de vivre.
Tu étais de celles qui savent comment parler à un
homme, comment rendre un homme heureux.
Souvent, je levais les yeux vers le ciel pour
remercier le Seigneur de t'avoir mise sur mon chemin et de t’avoir pour femme.
Laisse-moi te dire que tu étais une personne plus
que formidable.
Je ne t'oublierai jamais car à chaque fois que je
regarde notre fille, je pense à toi.
Elle te ressemble tellement, elle est
aussi belle que toi, elle a ton sourire, elle a tes yeux.
Parfois elle demande après toi et j’ai souvent du
mal à lui répondre, je ne trouve pas les mots pour lui dire que sa maman est
allée pour ne plus revenir.
Bien souvent mon cœur pleure ton absence.
Je n’étais rien sans toi, grâce à toi, j’étais
mais maintenant je ne suis plus que l’ombre de ma personne.
Tu me manques, tu manques à ma vie, tu manques à
notre fille.
J'espère que tu es heureuse depuis là-haut et que
tu veilles sur nous.
Laisse-moi te dire que jusqu’à ce que l'ange de la
mort vienne me chercher je t'aimerai plus fort chaque jour...
YD.
* Formule exclamative arabe, que l'on traduit
par «C'était écrit»
Le texte n'est pas de moi mais d'un ami qui a accepté que je le publie sur mon blog.
Il y a ces évènements, ces personnes, ces choses qui une fois sur notre chemin remettent
tout en question. Bien souvent on prend des résolutions sur le coup, on décide
de changer, de devenir meilleur…malheureusement ce sont parfois des décisions
du moment. Quelques instants plus tard nous reprenons nos mauvaises habitudes
et recommençons à nous plaindre…
Hier j’ai regardé une expérience consistant à
relooker des femmes, à les prendre en photos et ensuite à retoucher ces photos
afin qu’elles ressemblent aux mannequins sur les couvertures de magazine. (Vous
pouvez en voir plus ici) Les réactions de ces femmes m’ont fait repenser à cette phrase « Pourquoi
ressembler à quelqu’un d’autre quand je peux être moi ? » On ne s’en
rend pas souvent compte mais nos vies sont des bénédictions. Il nous arrive de
souhaiter changer telle ou telle partie de notre corps, pourtant il y en a qui rêvent
juste d’avoir leurs cinq sens au complet.
Il arrive que je fasse des critiques en voyant des
personnes se plaindre de leur vie, ou d’autres personnes sur les réseaux
sociaux. Oh pas la peine de se jouer aux saints! Cela vous ait sans doute déjà arrivé
à vous aussi. Pourtant tous, nous nous
plaignons presque tout le temps. Que ce soit à des proches, à Dieu ou même intérieurement.
De notre physique, de nos moyens financiers, de notre santé, de nos notes en
classe, de nos parents, de nos amis, de nos amours… On pourrait prendre des
jours entiers rien que pour dénombrer nos moments d’ingratitude.
Bien souvent nous en sommes à envier les « uns »
tandis que d’autres prient pour avoir un dixième de ce que nous possédons. La
vie n’est pas faite pour être toujours belle. Elle a son lot de coups bas mais
est-ce une raison pour oublier tout ce pourquoi on devrait être reconnaissant ?
En ouvrant les yeux un peu plus on verrait qu’il y a ces petites choses
insignifiantes que nous prenons pour acquises mais qui pour certains demeurent des
miracles. Si nous prenions le temps d’arroser nos jardins, notre herbe serait
sans doute aussi verte que celle du voisin que nous passons notre temps à
reluquer.
En regardant bien autour de nous, plutôt que d’observer
uniquement ce qu’on aimerait avoir ; en essayant de lever les yeux de notre zone
de confort, on se rendrait surement compte que nous avons tout pour être
heureux si seulement on se donnait la peine de l’être. Il ne s’agit pas de se
complaire dans la médiocrité. Ce n’est pas un crime de vouloir obtenir plus de
confort. Le crime est de négliger l’appréciation de ce qu’on a déjà en rêvant de
ce que les autres possèdent. J’ai écrit cet article en espérant pouvoir le
relire chaque fois que je me plaindrai afin de me rendre compte à quel point Dieu
m’a bénie.
Récemment j’ai regardé des vidéos de motivation de personnes ayant des handicaps mais qui malgré tout ont choisi de vivre heureux. Plusieurs personnes les ont déjà visionné mais j’espère
qu’en les regardant à nouveau, nous serons plus reconnaissants car rien de ce
que nous possédons actuellement n’est entièrement acquis.
Je me
demandais ce que j’aurais pu dire pour me justifier mais en fait rien ne
pourrait justifier ce que j’ai fait. En t’écrivant cette lettre j’espère juste
que tu me pardonneras l’impardonnable. Je comprendrai que tu ne veuilles plus
me parler mais prends au moins le temps de me lire jusqu’au bout.
J’ai rencontré
Alain il y a quatre mois alors que je faisais des courses au supermarché du
quartier. Il s’est gentiment proposé de m’aider à transporter mes courses
jusqu’à la maison et il me parlait comme s’il me connaissait depuis longtemps.
Je ne comprenais pas son comportement jusqu’à ce qu’il m’appelle Marie-Jeanne.
Il m’avait donc confondu avec toi. Tu sais, les gens disent très souvent que
nous nous ressemblons mais j'ignorais que c’était jusqu’à ce point. Il y
a quand même trois années de différence entre nous mais certains de mes amis
refusent de me croire lorsque je dis que nous ne sommes pas des jumelles. Bref il
m’est arrivé de revoir Alain plusieurs fois après notre rencontre et je ne sais
pas comment cela s’est produit mais, jamais il ne s’est rendu compte que je ne
fusse pas toi. Je suis allée jusqu’à lui dire que j’avais changé de numéro de téléphone
afin qu’il efface le tien. C’est le cœur à la foi plein d’amour mais aussi
de remords que je t’écris cette missive. Je sais que je ne mérite pas ton
pardon mais l’amour tu le sais mieux que personne rend aveugle.
Rappelle-toi
lorsque tu as quitté ton fiancé le jour de vos noces parce que tu venais à
peine de rencontrer un jeune homme que personne d’autre ne connaissait. Tu
criais sur tous les toits que tu avais rencontré l’amour de ta vie et personne,
ni ton fiancé d’alors, ni même nos parents n’ont réussi à te convaincre que tu
faisais une bêtise. Souviens-toi combien tu t’es battue corps et âme pour cet
inconnu rencontré au détour d’une ruelle. Grande sœur je sais que je te fais de
la peine et que tu as envie de me maudire mais je t’en supplie ne le fais pas.
Sous le coup de la colère on peut dire certaines choses que nous regretterons
toute notre vie. Jean ton ex fiancé t’a peut-être lui aussi maudit lorsque tu
l’as abandonné devant l’autel. Pourtant tu conviendras avec moi que ta seule
erreur fut d’en aimer un autre que lui. Voilà pourquoi je te demande de ne pas proférer
de malédiction à mon encontre car tout comme tu le fus grande sœur je suis moi
aussi la victime de ce maudit Cupidon.
Je sais
qu’Alain était l’homme de ta vie mais vois-tu, si tu me l’avais présenté plus tôt
jamais je ne m’en serais approchée. Après l’échec de tes fiançailles, les
parents ne voulaient plus te parler. Bien que tu fusses toujours à la maison,
personne ne t’adressait la parole, du moins personne d’autre que moi. Bien
des fois je t’ai demandé de me faire découvrir cet homme qui en une semaine
avait réussi à mettre un terme à une relation - que tu lui avais caché soit dit
en passant - de plusieurs années. Cela nous aurait sans doute évité ce qui
arrive aujourd’hui mais il est trop tard à présent. Lorsque ce jour-là je l’ai rencontré
au supermarché, j’ai tout de suite compris pourquoi tu avais bravé la colère de
tous pour son amour. Alain est un dieu de la beauté, le Narcisse contemporain - sans le coté narcissique - je dirais. Comment un homme peut- il allier aussi parfaitement la beauté à
l’intelligence, sans parler de son respect pour la femme. Je suis sure que tu
me comprends ; que tu sais mieux que quiconque combien il est facile de
succomber à son charme.
Si je te
demande pardon aujourd’hui ma sœur c’est parce qu’à cause de moi tu as tenté de
mettre fin à tes jours. Alain a déménagé du quartier et tu ne pouvais pas le
savoir étant donné que c’est avec moi qu’il communiquait désormais. Tu te
languissais de son absence et bien que tu ne te confies pas à moi je savais
pourquoi tu passais désormais tes nuits à gémir. Ah oui ! C’est aussi moi
qui avais effacé son numéro de ton portable et par chance tu ne le connaissais
pas encore par cœur.
Quelle
bonne idée ont eu nos parents de nous appeler respectivement Marie Jeanne et
Marie Anne ! Ça n’a pas été difficile plus tard de convaincre Alain que
mon vrai prénom - ou le tien, peu importe - était Marie Anne plutôt que Marie
Jeanne comme il le pensait. Nous filions donc le parfait amour pendant ces quatre
mois au cours desquels je te voyais dépérir et pleurer toutes les larmes de ton
corps parce que sans nouvelle de lui. J’ai bien failli te dire la vérité mais
encore une fois grande sœur, tu connais Alain et tu sais qu’aucune femme ne se résoudrait
à le perdre ainsi.
En fait
grande sœur, tu avais abandonné Jean que tu connaissais depuis l’enfance au
profit d’Alain que tu avais rencontré une semaine avant ton mariage. De lui tu
ne savais pas grand-chose, tu ignorais donc que son père était décédé un mois
avant votre rencontre et qu’il devait aller en France pour gérer ses affaires
et s’occuper de sa famille y résidant. Je suis désolée de te l’apprendre sur
ton lit d’hôpital mais au moment où tu lis cette lettre je suis dans l’avion aux
cotés de celui qui nous rend folles toutes les deux. Nos parents ont accepté
que je parte avec lui. Tu ne l’as pas rencontré lorsqu’il est venu déposer ma
dot tout simplement parce que tu ne sortais plus de ta chambre. Ta tentative de
suicide a bien failli me faire chanceler mais j’aime trop Alain pour le laisser
partir à Paris sans moi.
Je sais
que tu me pardonneras difficilement mais grande sœur, pense à Jean qui a dû
souffrir comme tu souffres actuellement. Il m’a d’ailleurs dit qu’il t’aime
toujours et qu’il t’attendra à ta sortie de l’hôpital. N’oublie pas également
que j’aimais Jean avant toi mais que tu as quand même accepté ses avances. Ce
n’était pas une vengeance grande sœur mais je veux juste que tu y repenses avant
d’envisager de me maudire. J’avais fini par accepter de perdre Jean car tu m’as
dit que j’étais jeune et que ce que je ressentais était plus de l’admiration
que de l’amour. Tu me l’as pris pour ensuite l’abandonné ainsi. Je n’avais pas
prévu de te rendre la monnaie de ta pièce mais je suis sure qu’Alain était
juste un fantasme pour toi ; tu ne l’aimais pas vraiment… Grande sœur je t’en
prie retourne aimer ce que j’admirais et moi je me contenterai de ce dont tu
rêvais. Ne m’en veux surtout pas, ne me maudit pas, l’amour est le seul coupable.